Les Guerres de Spherus

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 [Prison du Gouffre] Évasion

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Nui
Chevalier Noir
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Masculin
Fiche d'identité
Energie:
430/500  (430/500)
Jauge de Vie:
700/1000  (700/1000)
Capacités du Personnage: ATK : 4975 | DEF : 4600

MessageSujet: [Prison du Gouffre] Évasion   Mar 27 Jan - 16:12

Le Gouffre, à un age où les Morts pouvaient revenir parmis les vivants il fut la réponse choisie pour contenir de façon définitive ceux qui étaient au-delà de toute rédemption, ici, dans ce sombre dédale, pourrissait depuis des temps immémoriaux, et jusqu'à la fin des temps si il le fallait, tout ce que l'Univers avait engendré de pire. Renégats, fous, meurtriers, parfois les trois à la fois, certains ayant aidé les Barraki à fonder la Ligue des Six Royaumes, d'autres n'ayant pu trouver une place dans le Monde après la fin de l'alliance criminelle, ils étaient tous là, alignés, numérotés, étiquetés, estimés, classés, rangés, dans ce qui n'était rien de moins qu'une Archive du Crime.

A la frange de cet endroit trois êtres apparurent, sortis littéralement du néant, leurs formes oscillèrent comme des images brouillées avant de finalement se stabiliser dans cet espace. Chacun d'eux savait ce qu'il avait à faire, aussi leur échange fut bref.

- A l'exact centre du dôme est enterré un pilier de pierre noire, Volken est à l’intérieur, c'est là que je me rend. Dit Nui.
Quant à vous, vous vous dispersez dans cette prison et sèmerez la folie autant chez les prisonniers que chez les geôliers, ce afin que la véritable raison de notre présence ici leur reste à jamais inconnue, n'épargnez personne.
Le Makuta se tourna alors vers l'être à sa gauche, Déféo, qui portait à bout de bras deux containers rectangulaires.
- Il s'agit de la toute dernière version du N.Y.X, fais en bon usage.

L’intéressé acquiesça d'un simple sourire, satisfait Nui leva ses bras et commença à invoquer ses pouvoirs.
- Allez...

De son corps l'Ombre rayonna par vagues successives, se répandant telle une onde à la surface de l'eau à travers le Gouffre, tout ceux qui seraient témoin de cet étrange phénomène penseraient qu'il s'agissait d'une simple faiblesse de l'éclairage, ils ne sauraient plus se tromper.
- ...Chevauchez les ombres.

Une première pulsation emporta Déféo, une seconde Celo et une troisième Nui.

*****

Une section du gouffre, des rangés de cellules s'étendant sur plusieurs niveaux, des gardes Maxilos patrouillent, du pas lourd et rythmique qui sied aux machines qu'ils sont et le seul son que l'on entende.
Un instant l'éclairage vacille, mais personne n'en tient compte, Déféo était apparu à l'entrée du Bloc, mais personne ne le remarqua.
Son visage afficha alors une mine déçue et il laissa tomber les deux lourdes boites qu'il tenait dans les mains, quand le bruit assourdissant du métal frappant le sol fit éclater le silence les machines se figèrent comme un seul homme.

- Votre attention, messieurs les automates !

Si le précédent son n'avait pas été suffisant sa Voix criarde acheva d'avertir les sentinelles de sa présence, elles se tournèrent vers lui, le jaugeant de leurs multiples capteurs.
- Je suis un intrus, armé et dangereux !  

Les gardes étaient désormais tous à son niveau, le tenant en joue avec leur canon d'épaule, il leva alors les bras, non pas en signe de reddition mais d'invitation.
- Faites votre travail...

Les Maxilos ouvrirent le feu, le corps de Déféo, perforé par une multitude de projectiles, se retrouva, par la force des impacts, suspendu dans les airs tel un pantin grotesque. Quand les machines cessèrent enfin de tirer ce qu'il restait de lui était affalé contre un mur, immobile mais pas silencieux, un son continuait d'émaner de lui, un rire.  
Les lumières s’éteignirent pendant une seconde, quand elles se rallumèrent l'un des robots était à terre, sa calandre portait les marques de plusieurs impacts très similaires à ceux qui avaient été infligés au Fou, impacts qui avaient disparus du corps de ce dernier, son rire se fit alors plus net, plus fort tandis que les perturbations s’intensifièrent. A chaque passage des ombres une machine tombait, à chaque fois perforée par d'invisibles projectiles, alors que Déféo lui se redressait et voyait ses blessures s'évanouir les unes après les autres, quand tout fut fini le fou se tenait intact au milieu des carcasses fumantes des gardes Maxilos.

- Le Meurtre est l'expression d'une Volonté, c'est pourquoi des calculatrices ratées telles que vous ne seront jamais rien de plus que des pierres dévalant une montagne, mortelles mais pas tueuses. Dit-il. Bien...Maintenant...

Il s'avança vers les deux boites de métal restées miraculeusement intactes malgré la fusillade et se saisit d'elles par leurs poignées, qui devinrent alors des crosses quand les containers s'ouvrirent pour dévoiler leur contenu.
Chacun d'entre eux abritait une sorte de pistolet-mitrailleur lourd, long comme les avants-bras du Fou, le reste de l'espace étant occupé par les munitions, des chargeurs cylindriques qui à eux seuls prenaient la moitié du volume de l'arme, attachés entre eux par magnétisme en de longues chaines, le tout semblant être être fait dans la même matière noire que leur propriétaire.
Ses armes en main, dûment chargées, et leurs munitions enroulées autour de son cou comme une écharpe, ou une corde, Déféo s'avança dans l'allée des cellules, le silence définitivement rompu par les murmures des prisonniers intrigués par cet étrange individu.

- Que le prodigieux spectacle commence...

Il pointa ses canons sur les cellules, ou plutôt sur les prisonniers à l'intérieur...
- ...et que chacun y apporte...SA RIME !

...Et ouvrit le feu, ses armes crachèrent des rafales de fléchettes, leurs pointes étaient doubles, comme des sortes de diapasons miniatures, elles vibrèrent, traversant les parois des cellules comme si elles n'existaient pas, pour venir se planter dans le corps des prisonniers, injectant en eux le noir poison qu'elles contenaient.

****

Une autre section du Gouffre, un élévateur, il descend, cinq êtres à son bord, cinq Maxilos.
Un niveau plus bas, six êtres à son bords, cinq maxilos et une forme vêtue d'une robe cramoisie.
Un autre niveau plus bas, trois êtres à son bords, deux Maxilos brandissant leurs épées contre la forme, trois carcasse inertes à ses pieds.
Un dernier niveau plus bas, deux être à son bord, un maxilos, des étincelles crépitent au niveau de ses articulations détruites, le tranchant de la lame courbée de la forme pèse sur sa gorge mécanique, une torsion du poignet et s'en fut finit de lui..


*****

Un couloir du Gouffre, que les ombres envahissent, gardes comme prisonniers elles dévoraient tout sans distinction, ne laissant rien dans leur sillage, Mata Nui seul savait ce qu'il advenait des malheureux qui croisaient leur chemin.
En leur Coeur demeurait Nui qui inexorablement, bien que lentement, progressait vers son objectif.
Il avait à sa disposition des moyens bien plus rapides d'atteindre le centre du Gouffre, mais aucun sans que cela ne fasse un accroc dans la toile d'Ombre qu'il était en train de tisser, élément clef de la distraction des geôliers.
Aussi préféra t-il la marche lente, mais inexorable.


*****

Hydraxon, l'un des plus anciens membres de l'Ordre de Mata-Nui après Helryx, tout comme cette dernière il avait fait partie de l'Organisation qui l'avait précédé, la Main d'Arthaka, fort de près de 100 000 ans d'existence il avait tout vu et traversé tout les ages de cet univers troublé. Chaque jour durant pendant ces cents millénaires il avait été le Geôlier de cette prison qu'on appelait le Gouffre, s'assurant que personne ne s'en échappe jamais, et que personne n'y entre sans qu'une cellule ne lui soit destinée. Qu'importent les conflits et les querelles qui agitaient la surface, les royaumes et les empires qui s'y faisaient et se défaisaient au grès des ambitions, une seule loi, une seule autorité avait cours en ce lieu, le simple fait qu'il était le seul rempart entre le Monde et ce qu'il avait engendré de pire. C'est pour cela qu'à travers les âges rien, à part le Grand Cataclysme, n'avait pu ébranler le Gouffre...jusqu'à ce jour.

Hydraxon traversait les couloirs de sa prison au pas de course, un bataillon de Maxilos à sa suite, un bloc entier avait été réduit au silence, les gardes, les prisonniers, et même les systèmes de surveillance, avaient cessé toute activité. Le système de confinement d'urgence s'était alors activé, scellant hermétiquement la section, quoi qu'il s'était produit à l'intérieur ça n'en sortirait pas.
Des contingents de Maxilos s'étaient déployés à chacune des entrées en guise de mesure de sureté supplémentaire, le Geolier se dirigeait vers l'une d'entre elle, c'était à lui qu'incombait la lourde tache d'entrer dans le Bloc, d'évaluer la cause du problème et d'y remédier le cas échéant, ce qui impliquerait sans doute de remettre quelques prisonniers dans leur cages, mais c'était ce pourquoi il était là après tout.
Dans un bruit lourd et lancinant le sas blindé s'ouvrit, Hydraxon et ses suivants robotiques s’engouffrèrent dans le passage qui se referma derrière eux, aucun risque ne pouvant être pris.

Le bloc était plongé dans une quasi-obscurité, le système d'éclairage était encore actif mais souffrait de graves dysfonctionnements, de nombreuses pierres de lumières étaient éteintes, d'autres oscillaient périodiquement, celles encore en état révélaient de leur clarté une partie du carnage qui s'était déroulé en ces lieux.
Des prisonniers ils ne restait que des corps noircis et méconnaissables, calcinés ? Nécrosés ? Figés dans des positions aussi diverses que tordues, la plupart étaient toujours dans leur cellules, mimant à jamais des gestes que l'on pourrait qualifier de "défensifs", mais certains gisaient sur sol ou étaient affalés contre des rambardes, voir suspendus au bord d'une passerelle, comment avaient-ils réussis à quitter leur geôles restait un mystère mais au regard de leurs postures c'était comme si ils avaient essayé d'échapper à quelque chose.

Le regard du Geolier s'égara sur l'une des pierres défaillantes, elle était devenue complètement noire et quelque chose était planté dedans, une sorte de dard. Intrigué il extraya l'objet et l'examina de plus près, c'était assurément un objet manufacturé, une sorte de fléchette mais il n'en avait jamais vu d'une telle sorte auparavant.
L’Ouïe aiguisée du Gardien du Gouffre capta un bruit à sa gauche, un objet de petite taille, métallique, tombant sur le sol, roulant vers lui, aussitôt il recula pensant à une grenade ou quelque chose de ce genre, l'objet, un cylindre plus large que long, continuant sa course sur encore un bio avant de s’arrêter, rien d'autre ne se produisit. Il fut rassuré un temps, avant d'entendre un autre bruit, plus sourd que le précédent, comme un coup, il était maintenant certain que quelque chose était encore actif en ces lieux, un survivant ou bien l'auteur de ce massacre, dans les deux cas rien qui ne devait être laissé en liberté.
Plusieurs chiens d'énergie les accompagnaient, dont son fidèle Spinax, quoi qui puisse roder dans ce Bloc ils le trouverait, un seul ordre de sa part et ils s'élancèrent. Ils disparurent rapidement de sa vue, avalés par les ombres, mais pas à son Ouïe, il pouvait entendre le bruit de leurs pattes sur le sol métallique quand ils courraient, le bruissement de leur respirations, l'étrange sifflement rythmique suivit de leur  glapissement, puis la voix criarde qui résonna à travers toute la salle.

- Prenez garde à ces profondes ténèbres
Qui attendent de vous prendre dans leur étreinte glacée.

Un bruit terrible, l'un des chiens s'écrasa face au contingent, il était mort, une multitude de ces étranges dards plantés dans le corps.
Aussitôt les Maxilos se déployèrent en formation autour de leur Chef qui lui-même avait dégainé son Cordak, les machines passèrent la zone au crible avec leur capteurs, faute de lumière leur optique était inutile, elles passèrent en thermique mais rien n’émettait suffisamment de chaleur, elles passèrent aux détecteurs de mouvement mais rien ne bougeait.
La voix continua de déclamer son espèce de poésie, à chaque strophe un chien d'énergie tombait devant eux, comme un chemin balisé les invitant à avancer.

- Pour ceux condamnés à demeurer dans le Gouffre
Qui à jamais ne pourront le quitter.

Nul ne connaîtra votre destin
Si vous êtes emportés par cette mer ténébreuse,

Seuls les murmures des vagues diront
Que la Mort a fini par vous réclamer.

La Voix acheva son récital sur un rire strident suivi d'un bruit plus intense que les précédents, une chose tombant lourdement sur une pile d'autres choses, beaucoup de métal, qui venait du fond du bloc, la conclusion de la piste.
- Médiocre Poésie...A la hauteur de ma déception...

Le propriétaire de la Voix ne semblait plus se soucier de dissimuler sa présence, multipliant les invectives à l'encontre du Geôlier.
- Je m'attendais, vois-tu, à un ver, ou à une punaise, voir même à une luciole mais celui qui se retrouve face à moi, c'est Toi. Dit-elle avec tout le mépris et le dédain qu'il était possible de mettre dans ce mot. Le plus ennuyeux de tout les membres de cette organisation, la grande plaque de tôle...HYDRAXON !

Son Nom ainsi hurlé était un son strident qui agressa la fine audition du Gardien, soudain des pierres de lumière que l'on aurait pensé inertes s'activèrent soudainement, leur clarté blafarde, outre agresser ses yeux, révéla la source de la Voix.
Juché sur un monticule de carcasses, en majorité des Maxilos mais aussi quelques prisonniers, tel un grotesque Roi des morts sur son trône de cadavres, un être à l'armure noire et à la silhouette dégingandée, offrant pour tout visage une bouche de Takea, avec la dentition qui allait avec, étirée en un rictus pervers qui se voulait être un sourire.
Autour de son cou était nouée une étrange écharpe faite d'une succession de cylindres, les mêmes que celui qui avait auparavant roulé jusqu'à Hydraxon, deux d'entre eux étaient enchâssés dans les pistolets-mitrailleurs qu'il tenait de façon parfaitement nonchalante , ne prenant même pas la peine de les braquer sur ceux qui lui faisaient face.
De toute façon, avant qu'il ne puisse faite le moindre mouvement il fut mis en joue par tout ce qui possédait une arme dans ce Bloc.

- Tu connais mon nom, créature. Dit le Geôlier. Alors tu connais aussi le sort qui t'attends pour ce que tu as fait ici, et tout ce que tu as sans doute fait avant ça.

L’intéressé se contenta de ricaner avant de prendre à nouveau la parole, sa voix s'était faite aussi douce qu'un murmure mais son ton en trahissait la perversion sous-jacente.
- Tu en avais envie autant que moi, toutes ces vermines, ces petits cafards grouillant partout...Et toi, fatigué, si fatigué de devoir les surveiller à chaque instant...et ils vivent si longtemps en plus...pourquoi attendre ? Tu le sais après tout, le Monde à changé, les morts ne reviennent plus, jamais. Toute cette mascarade n'est plus nécessaire, l'age des geôles est achevé...commence celui...des tombes.
- Si j'ai appris une chose au cours des ces 100 000 ans c'est que discuter avec un fou est une perte de temps. Répondit Hydraxon.
- Je t'intrigue Continua le Fou sans faire cas de la réponse du Geôlier. tu te demandes si je suis un évadé ou un nouveau venu récalcitrant, mais tu sais que ce n'est ni l'un, ni l'autre.
Tu sais que je suis un Intrus et tu te demandes alors Qui ? Comment ? et Pourquoi ? Mais tu es incapable de répondre à chacune d'entre elles, alors tu m'appelles Fou et tu veux me mettre dans une cage ? Tu es vraiment...ennuyeux.

Le Fou lâcha ses armes, qui tombèrent sur les corps dans un bruit mat, et se leva, révélant le dernier cadavre qui composait la pile, celui de Spinax, le Chien d'énergie attitré d'Hydraxon, et d'un sourire défia le regard de Protoacier du Geôlier.
- Qui suis-je ? Un homme joyeux. Qu'est-ce que tout ceci ? Un jour joyeux...où les fous ont pris le contrôle de l'Asile.
- Assez ! Cria le Gardien du Gouffre. Tu auras tout le temps de me répondre, pour peu que ce que tu me réponde aie un sens, une fois que je t'aurais trouvé une cellule ce qui, grâce au carnage que tu as accompli ici, ne sera pas difficile.

Pour toute réponse l'être se mit à rire, un rire strident qui emplit chaque recoin du bloc, un rire qu'Hydraxon n'aurait su supporter plus longtemps, mais avant qu'il ne puisse le faire taire le Fou était revenu à la parole.
- Une erreur stratégique la-men-table, ce n'est pas moi qui suis enfermé avec vous, c'est vous qui êtes enfermé avec...nous.

Nous ? Pressentant un piège le Geôlier se retourna juste à temps pour voir quatre des ses Maxilos ouvrir le feu sur lui.

*****

Une cartouche de fléchettes et un simple coup sur un mur, voilà tout ce qui avait suffi à Déféo pour évaluer la finesse de l'Ouie d'Hydraxon et ainsi l'attirer dans un piège que le Geôlier avait lui-même contribué à créer.
Les chiens d'énergie, tous avaient oublié leur corps une fois qu'ils étaient sortis de leur champ de vision, pas le Fou, car lui seul savait ce que contenaient ces fléchettes, aussi hurla-il le Nom du Gardien à un moment bien précis, afin qu'il ne puisse entendre ce bruit de déchirement quand Elles émergèrent des dépouilles des Limiers déchus.

Des formes noires et décharnées, des griffes comme des crochets terminant leurs pattes, dépourvues de tête, un bouquet d'appendices sortait du trou qu'étaient leurs cous, elles rampaient comme des insectes, mais d'une manière étrange, tassant leurs corps longilignes, saccadés mais étrangement rapides, aucuns de leurs mouvements ne produisaient le moindre le son.
C'est donc dans un silence absolu qu'elles parvinrent aux Gardes les plus en retraits du bataillon du Geôlier, qu'elles grimpèrent
sur eux, immobilisèrent leurs articulations avec leur griffes-crochets et plantèrent leurs filaments tentaculaires dans leur têtes.
Cela ne pris que quelques instants avant que les yeux des sentinelles robotiques ne virent au Noir et qu'elles ne pointent leur lanceur Cordak sur leur ancien Maitre, lorsque Déféo prononça son fameux "Nous" elles ouvrirent le feu.


*****

Même un être tel qu'Hydraxon n'aurait pu survivre à quatre missiles Cordak reçus dans le dos, ce qui le sauva furent des réflexes et un instinct affutés par cent millénaires à devoir gérer des criminels tous plus dangereux et vicieux les uns que les autres.
A l'instant même où les projectiles sortirent des canons d'un bras le Geôlier fit feu avec son propre lanceur, les faisant exploser en plein vol, tandis que les trois lames qu'il portait à l'autre se réduisirent à deux quand il en lança une sur le Fou.
Ce dernier, plus déçu que surpris, fit preuve d'une réactivité au moins aussi grande que celle de l'Agent de L'Ordre de Mata-Nui, et d'une habileté bien supérieure, esquivant, attrapant et renvoyant le projectile à son lanceur, le tout en un seul mouvement.
Hydraxon dut faire mine de se jeter au sol pour l'éviter, se rétablissant au dernier moment grâce à une roulade il tira à nouveau sur l'être dément, ce dernier avait entre temps récupéré ses armes et d'un coup de pied envoya voler le corps de Spinax droit sur la trajectoire du missile, l'explosion qui en suivit empêcha le Geôlier de voir la volée de fléchettes qui en sortit à temps.
Ne pouvant les éviter il plaça son bras devant lui afin de s'en protéger, c'est avec une certaine surprise qu'il vit les dards s'enfoncer sans le moindre heurt dans le métal de son Cordak et ce même métal se noircir, victime d'une indicible corruption véhiculée par ces projectiles.

Le fou n'était plus là, du moins plus sur son trône de cadavres, Hydraxon le retrouva suspendu au plafond, il voulu tirer mais son arme refusa de s'actionner, il se déporta rapidement vers la droite pour évité la nouvelle salve.
Abandonnant son lanceur vicié il sauta jusqu'au niveau supérieur où, sous le couvert des passerelles il serait à l'abri des tirs, du moins le pensait-il, jusqu'à ce que plusieurs fléchettes ne passent au travers pour venir se ficher dans son épaule.
D'autres suivirent, il se jeta dans une cellule attenante pour les éviter, supposant que l'épaisseur des murs suffirait à contrer leurs capacités d'intangibilité, il supposa bien, il profita donc de ce court répit pour arracher le morceau d'armure atteint avant que le poison ne se propage plus, court car bientôt  le Fou se posa sur la passerelle opposée et sa Voix vrilla à nouveau les tympans du Geôlier.
   
- Tu sait ce que tu es Plaque de Tôle ? Tu es celui qui amène une lame à une fusillade.

Par chance le corps d'un prisonnier gisait près de lui, il s'en saisit et jaillit hors de sa cellule, l'utilisant comme bouclier contre les tirs qui ne manqueraient pas d'en venir.

Un niveau plus bas une autre bataille faisait rage, opposant les Maxilos à leur homologues corrompus, si les premiers avaient l'avantage du nombre les seconds n'étaient que les pantins des aberrations invoquées par Déféo, ces dernières, profitant de leur vitesse et du chaos ambiant, sautaient d'une machine à l'autre, infusant en elles l'allégeance à un tout autre maitre. Du Contingent qui avait suivi le Geôlier dans ce bloc la moitié avait été détruit et le reste braquait à présent ses armes sur leur ancien commandant.

Pour Hydraxon, pris entre les Cordak des Maxilos corrompus et les fléchettes du Fou, la seule alternative était de courir, même si elle n'était viable que sur le court terme, les missiles détruisaient la passerelle derrière lui et ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne fassent la même chose devant lui. Le corps qu'il tenait d'une main offrait un rempart suffisant face aux redoutables dards, mais la terrible précision de leur lanceur faisait qu'ils trouveraient forcément une ouverture.

- Tu ne peux pas fuir, tu ne peux pas te cacher, tu ne peux même pas combattre, tu peux seulement mourir. Lança le Fou.

Une roquette plus chanceuse que les autres emporta le bouclier du Geôlier, il prit alors appui sur le mur et sauta au niveau supérieur, le Tireur l'y suivit sans même relâcher le doigt de la gâchette.
Il tenta de bloquer plusieurs des fléchettes avec ses lames, mais elles passèrent au travers pour venir se planter dans son torse, aussi il vite qu'il put il saisit de sa main libre l'un des boomerangs tranchant qu'il portait sur les épaules et passa le trancha de celui-ci sur la zone incriminée, il fut satisfait de voir que la corruption ne se développa pas.
Lorsque que d'autres frappèrent son bras il répéta l'opération, avec le même succès, le fou lui-même confirma qu'il avait vu juste.

- Oh...oh...oh, tu as séparé les injecteurs des pointes avant qu'ils ne puissent faire leur office...Non, non, non...tu n'est pas assez rapide, pas assez précis, pas assez intelligent pour faire cela...le serais-tu ? Serais-tu...Serais-tu...Serais-tu...intéressant ?

La course se poursuivit, les Maxilos tiraient à présent à l'exacte verticale, de temps à autre des missiles émergeaient dans son champ de vision, arrachant des portions du lacis des passerelles qui composaient ce niveau, mais le Geôlier n'avait que cure de cela, une seule chose comptait, si les cylindres étaient des chargeurs cela signifiait que le Dément allait devoir recharger à un moment ou à un autre, et c'est ce moment qu'il guettait. Il finit par arriver, cet instant où les tirs cessèrent, où les cylindres vides s'éjectèrent prêts à être remplacés par d'autres pleins, cet instant où Hydraxon lança son boomerang sur le Fou.
Ce dernier l'esquiva avec son aisance habituelle tout en initiant le rechargement de ses lanceurs, fidèle à sa nature l'arme fit demi-tour, prête à faucher sa cible dans un second passage, la dite cible avait visiblement anticipé cette possibilité car elle brandit l'un de ses pistolet tel un bouclier afin de le bloquer, quand le Boomerang le toucha il explosa.
L'explosion fut si forte qu'elle en détruisit la passerelle, déjà fortement endommagé le niveau tout entier était en train de tomber en morceaux, obligeant le Geolier à redescendre à celui d'en dessous, le rapprochant dangereusement des Maxilos, mais ce n'était pas le plus problématique.
De la déflagration émergea un Déféo en apparence intact, on ne pouvait pas en dire autant de l'arme qu'il tenait dans la main gauche et qui avait été purement et simplement réduite en miettes, un irritation certaine transparut de ses propos.

- Non ! Tu ne l'est pas, tu ne l'est pas, tu ne l'est pas...tu est...une...Plaque de tôle !  

Comme répondant à un invisible commandement les Robots corrompus s'élancèrent vers les Niveaux supérieurs, décidés à cueillir le Guerrier de l'Ordre de Mata-Nui au Corps-à-Corps. Hydraxon n'aurait pu rêver de meilleure occasion.
- Je suis... Déployant ses lames il s'élança sur la première machine qui se mit sur son chemin et l'éventra d'un seul coup.
- ...Hydraxon !
Il en décapita une seconde et lui prit son Cordak avec lequel il en abattit deux autres.
- Ton Geôlier !

Mais les Maxilos n'étaient pas les seules choses aux ordres du Fou, les formes sans nom et sans visages s'étaient elles aussi élancées contre le Geôlier, une fois encore il fut pris de court par leur muette célérité.
Il se retrouva avec les bras entravés et son visage dangereusement proche des informes filaments qui leur tenaient lieu de tête, mais il avait plus d'une corde à son arc, ou dans le cas présent, plus d'une arme dans son inventaire.
L'arme en question était ses lames dorsales, un seule inflexion de son esprit suffit à déclencher leur lancement, elles tranchèrent les fragiles pseudopodes en un seul passage, et les bras en plusieurs tant ceux-ci étaient résistants aux lacérations et leur propriétaire insensible à toute douleur, avant de revenir dans leur logements.

- Ton Cauchemar...

Une seconde abomination se jeta sur lui, pour finir empalée sur ses lames, mais cela ne suffit pas à la tuer, ses membres se dressèrent, prêts à déchirer ce bras qui les tenaient, le Gardien du Gouffre ne lui en laissa évidement pas le temps, il la jeta au loin et lui tira dessus avec son Cordak avant qu'elle n'ait le temps de toucher quoique ce soit d'autre, malgré son gabarit elle se montra étrangement résistante, comme si elle absorbait une partie de l'explosion, si bien qu'il fallut pas moins de six tirs pour la réduire au silence.
- ...pour les cent prochains millénaires !

Chacun sur une passerelle, chacun mettant en joue l'autre, le Geôlier et le Fou se faisaient face, en silence. Aucun créature d'aucune sorte ne vienait, ou ne viendrait, s'interposer dans ce qui allait suivre. Comme un seul homme ils s'élancèrent, pressant les gâchettes de leurs armes respectives, ainsi commença leur course, leur duel, leur fusillade.

Ils couraient le long de leur passerelle, s'arrosant mutuellement de tirs sans jamais réussir à s’atteindre, rechargeant exactement au même moment si bien qu'aucun ne pouvait profiter d'une ouverture. Le visage d'Hydraxon ne pouvait être plus crispé que maintenant tandis que celui de Déféo affichait un magistral sourire, il riait, de chaque balle tirée, de chaque vie prise, de chaque chose que ses actions avaient contribué à souiller et enfin il riait de celui qui était son adversaire.

- Tu es obsolète ! Hurlait-il.

Il vint un moment où les passerelles vinrent à manquer, alors ils continuèrent leur course sur les murs sans que cela ne change quoi que ce soit pour eux.
-  Nous somme le Futur !

Puis il vint un moment où même les murs vinrent à manquer, alors ils mirent toute la force possible dans leurs jambes et sautèrent, l'un vers l'autre, l'un contre l'autre, toutes lames, toutes armes dehors.
- L' inéluctable...

C'est alors que, bien trop tard, Hydraxon se souvient du bras libre du Fou, ce bras qu'il gardait toujours dans son dos, ce bras qui maintenant se déployait, dévoilant l'arme qu'il tenait, un pistolet si compact que l'on pouvait le cacher de la paume de sa main.
- ...futur. Conclut-il dans un murmure.

Les deux êtres se séparèrent, le bilan de leur collision fut un lance-fléchette détruit pour le fou et un trou au centre de la poitrine pour le Geôlier. L'un se réceptionna au sol sur ses deux pieds, l'autre s'y écrasa lourdement.
Avec peine le Guerrier de l'Ordre de Mata-Nui essaya de bouger, au début il sentit la douleur, sourde et lancinante qui rayonnait dans sa poitrine, puis les choses empirèrent, il ne sentit plus rien d'autre qu'un froid terrible.
D'expérience il sut que ce tir, quel qu'en fut la nature, avait touché un point vital, il restait une infime possibilité qu'il puisse s'en sortir, mais elle impliquait de ne pas être coincé dans un bloc en quarantaine avec un fou dangereux. Où était-il d'ailleurs ?
Il lui tournait le dos et entonnait une des ses litanie démente.

- Cette expression sur ton visage, ce fugace instant où surprise et compréhension ne font plus qu'un...c'est-la-Mort.
Cette sensation, ce froid qui peu à peu se répand en toi, ces sens qui s'engourdissent...C'est-la-Mort.
Tu le sens, cette chose en toi, cette chose capitale qui vient de se briser...C'est-la-Mort.
Ta conscience qui s'écoule hors de toi, attirée dans cet abime de ténèbres sans fond...C'est-La-Mort !

Sur ces derniers mots prononcés la Créature plia son corps en arrière d'un façon si prononcé que ses jambes décrivaient maintenant un angle droit, ses mains touchaient presque le sol et sa tête ainsi inversée n'atténuait en rien le malaise que son sourire provoquait.
- Il est vrai que je ne me suis pas présenté comme il le faudrait, remédions à cela avant la toute fin.

Sa tête opéra alors une rotation de 180°, ses bras firent de même, puis ses jambes, au final ce furent tout les segments de son corps qui pivotèrent autour de l'axe de leurs articulations jusqu'à opérer une inversion complète. A cet instant il ressemblait moins à un être vivant qu'à une marionnette dont on ne savait pas qui ou quoi tirait les invisibles ficelles.
Désormais face à sa victime il exécuta une parodie de révérence.

- Je suis le joyeux Déféo, la Causalité de la Mort.

Pendant ce temps Hydraxon, faisant appel à tout ce qu'il lui restait de force, essayait de se relever, ces efforts furent accueillis par un rire cruel du fou quand ce dernier les remarquas.
- Tu sais pourquoi les types comme toi sont si ennuyeux ? Parce qu'après avoir passé 100 000 ans dans vos trous respectifs vous n'avez même pas remarqué que le monde avait changé. Elle est finie depuis bien longtemps, l'époque des guerriers dévoués tel que toi, loin, loin derrière nous. Tu sais quelle époque c'est aujourd'hui ? Celle des monstres comme moi.

C'était la Volonté, et seulement la Volonté, qui permettait au Geôlier de se tenir debout à cet instant, encore un peu et il arriverait à lever le bras, à utiliser son arme sur ce monstre. C'est alors qu'il pris conscience des deux abominations qui convergeaient vers lui, l'une par la droite, l'autre par la gauche, le prenant en tenaille.
- Tu te rappelles de ce que j'ai dit ? Les Fous prennent le contrôle de l'asile.
- Pauvre...fou...Ne...sous-estime pas...l'Ordre...de Mata-Nui...et ses...guerriers... lâcha le Guerrier d'une voix éreinté.
- Vous n'êtes plus l'ordre de Mata-Nui. Toi, et les autres comme toi, n'êtes que des trophées tout juste bon à décorer les murs, à prendre la poussière. L'Ordre de Mata-Nui c'est la Petite Luciole maintenant, oh que j'ai hâte de la rencontrer enfin, je suis sur qu'elle aura bon gout.

Le Geôlier leva le bras, Déféo fit de même, dans la paume de ce dernier un fluide noir s'écoulait, quand il fut en quantité suffisante il se solidifia pour prendre l forme d'un petit pistolet, le même que celui qui avait infligé cette blessure mortelle à Hydraxon.
Il tirèrent chacun trois fois. Le premier tir fit exploser le missile en vol alors qu'il avait parcouru la moitié de la distance les séparant, le second après un bio seulement, le troisième alors qu'il était encore dans le lanceur.

L'explosion renvoya le Geôlier au sol, il lui fallut plusieurs secondes pour récupérer ses esprits et quelques autres encore avant de se rendre compte que son bras avait disparu, emporté par la déflagration, de même qu'une partie de son visage.
En temps normal il aurait déjà du se tordre de douleur, mais cela faisait déjà quelques temps qu'il ne ressentait plus rien, à part peut-être de la rage quand il vit le Fou marcher tranquillement vers lui.

- Tu pense que quelqu'un va venir à ton secours ? Ton petit chien tu l'as toi-même réduit en morceaux, tes petites calculatrices on soit raté une retenue soit sont coincées dehors, mesure de confinement tout ça.
Tes fièrs et fidèles camarades alors ? Eh bien ceux qui ne sont pas partis se faire tuer par le Protectorat doivent à peine connaitre ton nom, c'est à la fois l'avantage et l'inconvénient d'une prison secrète, personne ne sait vraiment ce qui se passe à l'intérieur.

(i] C'est cette rage qui fit bouger son bras intact, et tirer les deux lames qui y étaient encore accrochées. Le Fou ne fit rien pour les éviter et quand elles transpercèrent son corps, il vacilla un instant avant de poursuivre son avancée comme si de rien était.[/i]
- Oh...toutes ces lames...si...si tu continue...comme ça...je vais...oh...oh...avoir une I-d-é-e...Aaaaaahhhh...une Idée !

Éclatant d'un rire dément il rangea, rétracta, résorba ? ses pistolets, se saisit des lames plantées dans son torse et commença à les retirer, il n'éprouva de ce geste aucune douleur, se contentant de rire de plus belle.
Une fois qu'il eut finit son ouvrage la stupeur d'Hydraxon fut grande quand il remarqua que le corps du Fou était vierge de toute blessure, et elle fut plus grande encore quand ces fameuses blessures apparurent sur le sien. Ses poumons étaient touchés, il commença à suffoquer.

- Qu'est...ce que...tu est...Demanda t-il avec le peu d'air qu'il lui restait dans la gorge.
- Le Jugement de tout vos péchés. Répondit Déféo avec son plus beau sourire.

Un bref mouvement de tête de sa part et les abominations se jetèrent sur le Geôlier, loin de vouloir l'achever elles se contentèrent de l'immobiliser avec leur membres spécialement conçu pour cela.

- Maintenez le matériau en place, cela va être...artistique.

Hydraxon n'essaya pas de se débattre, il n'en avait plus la force, tout au plus laissa t-il échapper un grognement de douleur quand le Fou empala ses jambes avec ces lames vrillées qui étaient jadis les siennes.

Déféo se tenait à présent sur lui, littéralement sur lui, si son corps n'avait pas été si engourdi il aurait pu ressentir à quel point son contact était glacial. Le Fou le scrutait comme une araignée scrutait sa proie avant de la dévorer, l'une de ses mains s'égara sur son épaule où elle subtilisa le boomerang explosif qui y était accroché.
Il examina l'arme quelques instants.
La Symétrie... Dit-il avant de la planter dans le bras encore intact du geôlier, comme son prédécesseur le dispositif explosa à l'impact, privant son ancien propriétaire de sa seconde et dernière main.
- Mais ne vas surtout pas croire que je te trouve intéressant ou quelque chose comme ça hein ? Susurra t-il avant de s'emparer de ses lames dorsales et de clouer ce qu'il restait de ses bras avec.
Déféo s’arrêta pour contempler son œuvre accomplie, ainsi clouer au sol le Geôlier ressemblait trait pour trait à ces insectes qu'on épinglait sur de grands tableaux, au nom de la science ou du décorum allez savoir. Satisfait il prit la tête du Guerrier entre ses deux mains et la rapprocha de la sienne, lui murmurant ses mots fatidique:

- Ce n'est plus une prison maintenant, mais un cimetière, ce n'est plus d'un Geôlier dont il est besoin, mais d'un Fossoyeur.

Le Fou se retira alors, les Formes décharnées elles s'avancèrent, déployant leurs tentacules dans les plaies d'Hydraxon, répandant en lui un innombrable poison. Le Geôlier éprouva alors un sensation inédite, c'était froid, mais un froid d'un nouveau genre, si froid que c'en était brulant, si brulant que c'en était glacial, toute sensation finit par le quitter, bientôt il en oublia même qu'il avait pu un jour avoir un corps, qu'il avait pu un jour avoir existé.

Soudain une Hache, aussi large que le torse de l’infortuné gardien, surgit de nul part et trancha les abominations en deux, ce avec une telle force que leurs morceaux volèrent au loin, avalés par les ténèbres de la salle. Avant même qu'il ne puisse vraiment réagir à cette événement Déféo se retrouva ligoté par des tentacules d'énergie, eux aussi sortis du Néant.
Un nouvel être était apparu dans la salle, mesurant bien près de 3 bio, son visage effroyable évoquant quelque chose entre Tahtorak et qui saurait dire quoi d'autre, son armure parsemée d'or et portant des armes aussi démesurée que lui.
C'était, au même titre qu'Hydraxon, un légende de l'ancien temps, lui aussi lié inextricablement au Gouffre, si l'un veillait à ce que personne ne s'en échappe l'autre s'assurait que tout ceux qui le méritaient y entre.
Un être qui savait d'instinct où sa présence était nécessaire, Botar.

- Botar...Que tu es laid...et inutile... Lâcha le fou avant que l'être ainsi nommé n'invoque un nouveau tentacule pour le bâillonner.
- Silence, qui que tu sois. Dit-il avant de se pencher sur le corps d'Hydraxon. Geôlier, qu'est ce que tu as bien pu affronter exactement pour finir dans un tel état ?

Les yeux d'Hydraxon s'ouvrirent, sa bouche suivit, offrant une réponse à une question qui était destinée à rester rhétorique.
- Rapide...Précis...Agile...Fou.

Les lumières du Bloc vacillèrent à nouveau, Déféo mordit à pleines dents dans son bâillon d'énergie, ce dernier ne mit guère longtemps à se dissoudre, ses autres entraves connurent un sort semblable, perdant peu à peu de leur intensité jusqu'à s'évanouir complétement, pendant un instant la silhouette du Fou sembla se dédoubler comme si il occupait simultanément plusieurs positions dans l'espace qui se superposaient l'une sur l'autre. Un clignement plus tard il avait disparu.

Soudainement le corps du Geôlier fut pris d'une convulsion si forte qu'il réussit à s'arracher de ses entraves, ne faisant qu'augmenter le nombre de ses blessures.

- Est-ce que tu les entends ? Cracha t-il d'un voix caverneuse....Les cadavres...ils bougent.

Botar n'entendit rien, mais il vit que son collègue avait raison. A chaque fois que les lumières tressautaient les multiples cadavres des prisonniers changeaient de position, lorsqu'elles se rallumèrent pour de bon ils se tenaient tous debout, tels une forêt de statues immobiles. Des prisonniers qu'ils étaient à l'origine il ne restait plus rien, bien qu'ils différaient quelque peu des formes qui avaient agressé le Geôlier leur aspect ne laissait aucun doute quant à la main qui les avait engendrés.
De leurs gueules béantes s’échappa un son strident et dissonant, une note unique et vibrante, comme un carillon lancinant, qui se répandit dans tout l'endroit, ils chantaient. Leur bras se levèrent à mesure que leur chant gagnait en intensité, ils priaient, acclamaient quelque chose.
Les convulsions d'Hydraxon redoublèrent, Botar put voir les veines noires se répandre à la surface de son corps, ses yeux s’éteindre.

- Je la vois à p͜rè͡seņţ...l͞à S̵̀p͜l̷̡̧end̴̛͟èu͏̸̛r͡ ̷͢!

De tout ce que le corps du Geôlier comptait de blessures jaillirent une multitude de filaments noirs, quelques instants seulement après avoir frémit à l'air libre ils plongèrent à nouveau dans le corps qui les avait fait naitre.
Le même ballet se reproduisit une multitude de fois, leur nombre croissant à chaque itération si bien que la forme d'Hydraxon finit par disparaitre dans ce qui ressemblait à un nœud sans fin de vipères de la damnation.
Face à ce phénomène même le Colosse de l'Ordre de Mata-Nui recula, bien lui en prit car du dos de la dépouille de nouveaux tentacules émergèrent, la propulsant jusqu'au plafond. Au milieu de son ascension elle convulsa une nouvelle fois, une infinité de vrilles jaillirent d'elle dans toutes les directions, se sentant dépassé par les événements Botar se téléporta hors du Bloc avant qu'elles ne puisse l'atteindre.

Chacune d'entre elles vint se planter dans quelque chose, toutes cependant évitèrent largement les formes chantantes, rigides un temps elles finirent par s'assouplir rappelant qu'elles étaient des membres avant d'être de projectiles.
La chose, qui ressemblait désormais à une pieuvre dotée de beaucoup trop d'appendices, se propulsa vers le fond de la salle, emportant avec elle ce que ses vrilles avaient accroché, pour atterrir dans dans la montagne de cadavres qu'avait érigé Déféo.
Ce dernier, ayant trouvé place parmi les formes, contemplait avec un grand sourire l'abomination qui était en train de naitre, un amas sans cesse changeant composé d'une multitude de débris liés entre eux par une masse grouillante de tentacules.
Quand sa taille vint à dépasser de très loin celle du Colosse adepte de Mata-Nui, quand elle s'avança dans la salle, rampant, marchant, glissant, survolant au grès de ses formes le Fou cria son nouveau nom, pour acclamer sa naissance:
AVARITIA !

*****

A l’extérieur du bloc l'un des sas blindé céda, le magma indicible qui s'en échappa engloutit tout ce qui se trouva derrière, dont le détachement de Maxilos chargé de le surveiller, dans son sillage une cohorte de formes chantantes rampaient.
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