Les Guerres de Spherus

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 [Montagnes Quartziques] Le Fantôme

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Shrecki

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MessageSujet: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Ven 27 Mar - 17:46

Le sol était un manteau onduleux et blanc qui s'étendait partout où se portait la vue. Il s'était posé comme un linceul maculé sur les hautes montagnes qui bordaient la seule route praticable, telles des murailles minérales millénaires. Les pics s'élevaient au-delà de la vue, leurs pointes perdues dans des nuages qui tombaient en des nappes continues de neige en dessous. Parfois, une légère inflexion du vent faisait s'élever du sol des murs blancs, qui sitôt élevés rejoignaient à nouveau la masse unicolore au sol.

Les bottes d'acier du personnage ne laissaient aucun sillon. Nulle trace de pas, nul crissement étouffé lorsque son pas foulait le blanc manteau. Uniquement comme preuve de son passage, sa simple présence, son image qu'un témoin aurait pu à jamais graver dans sa mémoire en un mot: "Etranger". Oui, cet être était un étranger, il n'était pas de ce monde. C'était le premier constat que n'importe qui faisait en l'observant, et ce constat était on ne peut plus avéré compte tenu des...Particularités du Sans Visage. Face à la neige, il avait ramené une capuche pour dissimuler son chef, mais en lieu et place de visage, tout ce qui était visible était un masque glacé et inexpressif, des bandes d'acier qui ne laissaient couler aucun reflet, aucune lueur d'espoir à leur surface, à tel point qu'on se demandait quelle utilité pouvait bien avoir la capuche. Peut être qu'elle ne protégeait pas l'être de la neige, mais la neige de l'être en réalité?

Quoi qu'il en soit, il avançait donc, sans qu'aucun témoin ne puisse jamais avérer son passage - une existence qui ne laisserait dans l'histoire aucune autre marque que des actes sur lesquels on serait incapable de fixer un nom véritable. Un nom? Si, il y en avait un pourtant qu'il s'était lui-même donné, et que dans ce monde on employait aisément pour le désigner. Était-ce son véritable nom? Cela, nul ne pourrait jamais le dire.

Il s'arrêta enfin, après plusieurs heures de marche. Devant lui, la route s'arrêtait abruptement, obstruée par ce qui devait être une avalanche. Un flanc de montagne avait déchargé son habit là, et ce dernier s'était chargé d'arbres, de rochers, de glace aussi, une coulée tout entière et hétéroclite qui barrait toute avancée supplémentaire. Alors, un voyageur égaré se serait retourné, car la voie ne pouvait mener plus loin; par ailleurs, le chemin lui-même était une route abandonnée, délaissée, oubliée, une portion de montagne que l'on ne parcourait plus en raison de sa dangerosité - et de l'absence de ressources précieuses, les Glatorian étaient un peuple pragmatique après tout. Il resta silencieux, et reprit son avancée. Alors qu'il arrivait au contact de l'amas de roches et d'arbres, il se mit soudain...À les traverser. Comme une image, une image qui n'avait jamais été qu'une illusion.

Intangible.

Passé la coulée, le chemin courait toujours. Le sol était couvert d'une glace fine, et on aurait presque pu jurer qu'elle était agencée en dalles, des pavés qui sillonnaient le sol. Sitôt ce constat fait, on jetait un œil à ses pieds ; seule de la neige, et du givre, et on pensait alors à une impression de l'esprit. Le vent sifflait dans les sommets, si bien que l'air était régulièrement empli dans toute sa dimension de pellicules blanches. Enfin, la route se divisa ; d'un côté elle plongeait vers une crevasse où hurlait le blizzard, de l'autre elle continuait inlassablement. Le personnage continua sa descente, d'un pas toujours égal – la neige ne le dérangeait nullement dans sa progression.
Alors, dans la crevasse, il arriva enfin devant ce qu'il cherchait ; une cascade figée, dans un bleu désaturé où dansaient des échardes de blancheur. La glace portait en son sein tout le monde, dévoilait les alentours comme un miroir ; mais l'inconnu n'apparaissait sur aucun reflet. Il effleura alors d'une main – gantée – la surface régulière et douce de verre. Une voix où ne transparaissait aucune expression sortit hors de sous sa capuche – inaudible sous le vent incessant.


- La Main vous salue...

Une petite écharde apparut à la surface de la glace. L'autre cessa tout contact, faisait quelques pas en arrière. La cascade se fendit soudainement d'une grande balafre argentée, avec un craquement sonore. Elle s'effondra alors en éclats, et – étonnamment – les éclats fondirent. En se brisant, elle avait révélé derrière elle un interstice, une grotte dissimulée. Alors, le personnage entra sans trace d'hésitation. Un son léger, le tintement de carillons multiples empli l'air. Le personnage tourna son regard – deux yeux d'or – vers l'entrée de la caverne ; là, les fragments s'empilaient, comme dotés d'une étrange volonté propre, comme si quelque personne avait exercé un contrôle sur la glace même pour dissimuler toute trace de son passage. Les fragments glissaient les uns sur les autres, tels des poussières tourbillonnant dans la lumière pâle de Janvier. Et sans un son, la cascade était de nouveau en place. On percevait par transparence une lumière teintée d'azur froid, une vague image déformée et floue du dehors, où s'époumonait le vent et dansaient furieusement les flocons.

Mais le personnage poursuivait quoi qu'il en soit son avancée. La grotte s'enfonçait toujours plus loin, toujours plus profond, dans une obscurité sèche, qui allait en se réchauffant. Les bottes du personnage ne portaient nul écho dans la cavité sombre, nul tintement d'acier, nul froissement de l'épais et ample manteau de voyage aux teintes épuisées qu'il portait, dissimulant l'entièreté de son corps – habit peu classique en ce monde, car les habitants de Bara Magna comme de l'Univers Matoran avaient le corps robuste ; leur armure ne craignait guère les intempéries, aussi se parer de tissus était-il un phénomène assez inhabituel.
La température continua à se réchauffer plusieurs heures encore, durant lesquels l'autre avançait dans le plus grand silence et la plus grande obscurité. Soit il était perdu dans des pensées d'une grande complexité, soit son esprit n'était axé qu'à une seule et unique tâche : sa destination. Quoi qu'il en soit, depuis l'étrange cascade il n'avait pas soufflé mot. La grotte déboucha soudain en pleine lumière ; au-dessus, le plafond bas disparut, s'élançant soudain vers le ciel. Le chemin continuait à courir, à flanc d'une montagne noire. Une faible végétation naissait sur les bords du chemin, des touffes éparses grises. Le sol, loin d'être neigeux, était à présent poussiéreux, comme ces terres à l'abandon où pourtant ne pousse aucune herbe sous les climats arides du Continent Sud. Mais l'être poursuivait néanmoins son avancée. Tout était enveloppé d'une obscurité claire ; au-dessus, loin au-dessus de lui, pâles, distantes, les innombrables étoiles et la Lune plaçaient sur la vallée cachée un halo laiteux.

Et au milieu de la nuit, sous cette clarté de nuit, elle se tenait là, accrochée, comme agrippée au versant en face ; une grande cité, un temple de pierres et de murailles et de tours et d'habitations logées en son sein, dans des schémas élégants, des édifices d'esthétique – même de la distance éloignée d'où l'étranger l'observait – remarquable. On se serait probablement stoppé face à tant de majesté ; mais l'être poursuivait sa route sans s'arrêter, empruntant sans surprise une route qu'il n'avait jamais arpentée auparavant.


Dans la gorge entre les deux versants chantait une rivière aux eaux tumultueuses. Elle s'étirait, glissant entre les rochers avec un grondement écumeux, et les reflets liquides des étoiles à sa surface provoquaient un scintillement irrégulier. Au-dessus, un pont avait été conçu, un pont lui aussi de pierre semblait-il. Sur les bas-côtés du pont – pavé, des bouquets de fleurs fluorescentes jetaient, telles des lucioles, des éclats jaunes, verts, bleus. Le pont menait jusqu'à une haute muraille, et là, enfin, une grande porte empêchait l'accès à l'enceinte.
Là, enfin, il s'arrêta, car à sa rencontre, deux petits personnages s'avançaient. Ils ne portaient guère d'arme – ou bien ils les dissimulaient fort habilement s'ils en avaient du reste. Le premier des deux, celui qui était venait à gauche, toisa un instant l'étranger, qui se tenait dans l'obscurité, à quelques pas de là, toujours sa capuche ramenée sur son casque – en guise de visage.


- Bonsoir...commença le garde d'un ton méfiant. Dans ses yeux se lisait la surprise, mais sa voix était maîtrisée, se refusant à laisser transparaître son trouble plus que nécessaire

Mais l'autre avait repris soudainement son avancée, d'un pas toujours aussi calme. Les deux se concertèrent, échangeant un regard. Ils sortirent des boucliers, qui se déployèrent en claquant entre leurs mains. Mais l'autre ne s'était pas arrêté. Il poursuivait sa route, inlassable. Alors, sa voix se porta sur eux. Comme éreintée, mais emplie d'un timbre menaçant, pour une raison étrange. Comme ce manteau, comme ce calme placide, la voix était elle même étrangère, un son qui semblait ne pas provenir de ce monde.


- Je ne suis pas une menace...soupira la capuche.

Alors, il continuait à avancer, à tel point qu'il était maintenant au contact du premier garde, qui avait ramené son bouclier, prêt à frapper, mais reculant toujours ; on préférait les moyens pacifistes, la défense à l'attaque. Mais l'inconnu alors continuait de marcher.

Et il traversa soudain le garde, comme s'il n'existait pas. Comme s'il n'était qu'un effet de lumière, une simple optique de l'esprit, comme s'il était lui-même un fantôme.

Intangible.
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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Mer 15 Avr - 21:11

Déserte. La ruelle était déserte ; les gardes avaient battu en retraite, voulu sonner l'alerte, mais l'étranger était passé au travers de la grand' porte avec la même aisance qu'il l'avait fait avec eux. D'un pas calme, toujours si égal, il avançait à présent le long de la rue principale. Cet endroit...Il lui rappelait bien des choses – bien qu'il ne l'ait jamais vu auparavant. Marcher le long d'une rue pavée, il devinait là, derrière chaque maison de pierre dans l'enceinte, chaque vie qui y résidait, chaque existence. S'il lui avait resté un cœur, ce dernier se serait serré. Tout finirait tôt ou tard entre Ses griffes. Il se stoppa dans sa marche, et s'avança d'une maison qui bordait l'allée ; il apposa son gant à la surface du mur extérieur. Quand ? Quand le monde avait-il commencé à tourner ? D'ici un ou deux siècles, ces murs seraient à l'image de tous les grands noms, à l'image de chaque visage ; enterrés, réduits à la poussière. Et lui ? Il marcherait toujours dans son éternelle recherche.

Il effleura le mur une nouvelle fois. Un siècle...Cela n'était qu'un battement de paupière, à peine le temps d'une respiration, et tout autour de lui était à nouveau comme il l'avait trouvé – mort.
Des pions ? De l'échiquier ? Il ne resterait ni l'ennemi ni les troupes, ni même de souvenir de la bataille. Il ne resterait que lui, marchant dans les plaines où il avait mené ses pairs ; là où les autres l'avaient suivi ou confrontés, bientôt, uniquement des tombes. Et nulle fleur à déposer sur les pierres froides. Seulement notre personnage, qui comme il avait confronté les vivants à la recherche d'une solution dans leurs existences, se trouvait à n'entendre que le silence du tombeau.

Une course sur les dalles. L'individu ne réagit pas, sa perception lui avait permis d'entendre de loin l'approche d'un groupe. Sept -non huit. Dans la nuit se mirent à luire deux pupilles. Deux orbes d'un or éteint, un ambre brillant mais terni, qui passèrent sur les nouveaux arrivants. Ils pointèrent vers lui des armes. Il y avait là des épées énergétiques, mais aussi des blasters pour la plupart.
Après un soupir, l'individu se tourna vers le mur, continuant à l'effleurer. Il se détourna, reprenant sa route. Les autres commencèrent à tirer, mais les projectiles semblaient ne point toucher leur cible. Pourquoi les choses prenaient-elles toujours la même tournure ? La roue du temps continuait à tourner. Que resterait-il ? Un tour de roue, et ce mont serait réduit à la poussière. Un autre tour, les océans seraient desséchés. Puis viendraient d'autres alors ; nés à leur tour, et morts ensuite. Et il continuerait à marcher ainsi, les observant les uns après les autres. Combien ? Combien d'espèces le verraient comme un monstre ?
Les gardes hurlaient derrière lui, tentant de le faire s'arrêter par tous les moyens possibles. Combien de temps encore entendrait-il ce silence assourdissant ? Combien de temps encore verrait-il l'éternité ? Quel but, que la mort ne saurait stopper ? Quelle soif, que le temps ne saurait épancher ? Quel rêve, que le ciel ne verrait s'effriter ? L'éternité était le côté le plus sombre de la réalité ; il était celui de la conscience prise, et du monde qui tournait, oui, mais qui tournait à quelle fin ?

Aucune. Il n'y avait aucune fin. Aucun grand dessein. Mais la grande horloge de la réalité avait besoin de son horloger ; de quelqu'un qui gère les engrenages. De quelqu'un qui huile les mécanismes, répare les cadrans, graisse les aiguilles, contrôle l'heure, remonte les pendules. Lui ? Non, non. Le personnage n'était nullement l'horloger. Il était celui qui fixait l'horloge, tentant d'oublier le passé. Tentant d'oublier toutes les choses qui avaient un jour tenu un sens à sa vie, et qui à présent n'étaient que des poussières tourbillonnantes. Il fixait, refusant d'oublier, mais il ne pouvait voir, voir que le temps filait entre ses doigts. Mais que pouvait-il faire d'autre ? À chaque battue du pendule, tout autour était changeant ; le monde était différent, et ceux qui l'observaient – parfois avec rancœur, parfois avec haine, rarement avec confiance – ceux là ne cessaient de changer avec, sans cesse modifiés, enterrés, remplacés.

Il avançait d'un pas toujours si lent, au rythme de cette grande horloge que lui seul pouvait entendre.
Les gardes l'avaient contourné. Depuis combien de temps marchait-il ? Ses yeux se relevèrent vers les Matoran en armes. Une porte ? Derrière eux, il y avait une porte. Une grand' porte d'acier et de bois. Le personnage poursuivait sa marche, d'un pas toujours si las, mais sans jamais se détourner.
Un souffle venu des montagnes balaya la ville, sauta de toit en toit, siffla entre les murs, souleva la poussière du sol. Et pour la première fois, le personnage semblait être affecté par le monde autour de lui ; son manteau voletait doucement autour de lui, s'agitait et se froissait à chaque hululement tombé des monts. Les gardes continuaient à tirer sur lui ; la ville s'éveillait, tirée de son sommeil par les bruits de combat. Bientôt, on se ruait aux fenêtres, on voulait connaître la source de la panique. Et l'étrange spectacle alors fut porté au public tout entier : un être sorti d'un rêve, qui avançait sous les étoiles, sans entendre ni écouter les inflexions de la garde, qui avançait sous le ciel nocturne sans prêter attention aux tirs qu'on lui infligeait – et le traversaient. Et le fantôme, le rêve, l'hallucination, se trouva enfin à disparaître, disparaître dans le palais. Était-ce la réalité ? Car sitôt ouvrit-on les portes, qu'on ne le trouva pas à l'intérieur du bâtiment.



- Vous avez causé bien plus de bruit qu'à l'accoutumée, constata tranquillement le personnage d'une voix grave marquée par le calme. Il était de grande stature, son port et son visage étaient d'une grâce incomparable ; sur son masque comme son armure couraient des motifs ouvragés, forgés dans un acier splendide. La salle était plongée dans le silence d'une demi-obscurité, seulement éclairée d'une faible pierre lumière au plafond. En face, le Fantôme ne répondit pas immédiatement. Après un moment, le première reprit, et son ton était dur.
Alors, meurtrier ? Allez vous parler enfin ? Pourquoi êtes vous venu ici ? Il y a des rumeurs de guerre – des rumeurs de votre guerre. Vous auriez amené l'Ordre et la Confrérie à un consensus, pour une attaque commune sur Bara Magna...Mais ce ne sont que des rumeurs. Je commence à discerner la vérité. Parlez donc. Quelle sombre nouvelle venez vous m'annoncer cette fois ?

Comme la lumière de la petite pierre éloignait les ombres, le silence emplissait à nouveau la salle. L'autre ne répondait pas. Jusqu'à ce qu'il plonge la main dans son ample manteau ; il en tira alors quelque chose. Un petit objet, qu'il montra sous l'éclairage diffus.

- J'ai pour vous un contrat, ô Créateur. Et une monnaie d'échange que vous ne sauriez je crois refuser.

- Une monnaie, dit l'autre d'un air las. Non, il n'y a rien en ce monde que vous puissiez me proposer, Shrecki. Même la Confrérie a ses limites.

L'interpellé ne répondit pas. Il tendit sa main libre. L'instant d'après s'y trouvait apparut à ses pieds un corps. Les yeux de son interlocuteur s'élargirent à cette vision. Il fit un pas en arrière.


- Impossible...Suis-je en train de voir un fantôme ?

- Non...Vous en voyez deux...Mais pouvez vous nommer avec certitude celui à mes pieds ?

Avec hésitation, comme un mot interdit, l'autre considéra, mima de ses lèvres. Et d'un murmure...

- Colbalt... !

Les yeux d'or de Shrecki brillèrent de satisfaction.

- C'est exact.
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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Ven 24 Avr - 23:08

Artakha se rua vers le corps. Un contact suffit à vérifier les dires du Makuta : le Toa était bien vivant – bien qu'inconscient. Au niveau du cou, il portait des bandages, comme ayant souffert d'une récente blessure. Dans un coin de la salle était un meuble bas, qu'il dégagea promptement pour y déposer Colbalt. Le fantôme sombre était toujours immobile. Après un temps, Artakha se releva, puis fit face enfin à Shrecki.
La fenêtre de son atelier – qui ressemblait plus à un bureau qu'un atelier proprement parler, bien que de multiples schémas couvrent chaque meuble – portait de l'extérieur la clameur des gardes, qui poursuivaient leurs recherches. D'ici peu, ils commenceraient probablement à fouiller le palais lui-même. Le créateur affecta un masque de neutralité, qui couvrit toutes ses émotions, et porta son regard sur son interlocuteur.

- Monnaie...D'échange ? Sans doute, vous plaisantez Shrecki. La première fois que vous étiez venu, vous m'aviez apporté des cadavres, de ses gardes.

- Des cadavres étaient nécessaires car sinon vous auriez été le cadavre face à l'avancée du Maître, dit le Makuta d'une voix toute aussi neutre que l'expression de l'autre. Celui dans le sofa est vivant comme vous l'êtes. N'affectez pas cette mine, elle ne vous sied pas. Je vous l'ai dit, je viens ici avec seulement un contrat que j'aimerais apporter à vos yeux; sans intention mauvaise ni bonne, croyez le. Uniquement un... accord si vous préférez.

Artakha ne bougea pas, son attention toujours portée sur celui que beaucoup considéraient comme une menace. Ses yeux se plissèrent.

- Que voulez vous exactement, Shrecki ? S'il vous plaît, n'essayez pas de me tromper. Je n'ai pas de Rode, la vérité n'en est pour autant pas moins claire à mes yeux...

Le personnage se relâcha, pour s'asseoir à une chaise derrière son bureau. Son regard ne quitta pas l'étranger pendant tout son mouvement, ni après. Il soupira, comme pour tromper sa lassitude, mais son regard était toujours dur.

- Ce que je désire... ? Murmura Shrecki. Il resta quelques secondes complètement silencieux, comme hésitant à formuler son vœux. Artakha, face à cette honnêteté de caractère, s'adoucit sensiblement. Le Makuta chassa l'air de sa main droite, comme pour éloigner des pensées qu'il ne s'autoriserait jamais à concevoir.

- Les morts n'ont pas de vœux, dit-il enfin pour lui-même. Son regard revint sur Artakha. Ses yeux n'affectaient pas d'expression, mais son ton seul suffisait à faire passer son message ; un avertissement. Le spectre de la guerre marche à nouveau en notre monde, Créateur.

- Je l'avais constaté, répondit Artakha en dévisageant Shrecki. Vous vous tenez devant moi après tout.

Le Makuta ne releva pas la remarque. Un petit dispositif atterrit sur le bureau comme seule réponse, au milieu des piles de schéma et de croquis. Artakha détourna le regard, comme refusant de faire face à l'insignifiant objet. Shrecki s'approcha. Il se tenait à présent dans le filet de clair de lune descendant de la fenêtre. Plus que jamais, il semblait être un être de brume intangible, insaisissable, mais impossible à détourner de son but aussi. Il ne partirait qu'après avoir obtenu ce qu'il désirait. Le leader haussa des épaules – laissant échapper un nouveau soupir.

- Je ne comprends pas Shrecki...Vous qui avez tant œuvré pour notre monde...Vous vous êtes même dressé pour lutter contre le Protectorat. Le pouvoir vous a-t-il à ce point corrompu ? La promesse d'un peuple étranger sur nos terres vous a-t-elle tant effrayée que vous en veniez à tuer Phantrakk et usurper sa place ? Que vous abandonniez pour votre propre profit des dizaines – des centaines de civils à leur sort au Colisée ? Et maintenant, vous portez votre guerre et vos flammes jusqu'à ce monde qui n'est pas le vôtre ?

- Cette guerre...Est à nouveau contre le Protectorat.

Artakha ne chercha pas à dissimuler sa surprise cette fois, une ombre de soucis passant sur son visage comme un nuage obstruant le soleil.

- Alors...Pourquoi n'êtes vous pas à mener des troupes ? Avez vous abandonné votre rôle de commandant ?

- Toutes les batailles ne sont pas gagnées au fil de l'épée. Il en est beaucoup qui sont remportées sans que le leader lui-même ait à seulement se montrer sur le champ de bataille...Je leur ai laissé le soin de l'action cette fois-ci. Sûrement vous comprenez vous même, Artakha. Les rouages du monde tournent sans cesse. Mais les leviers qu'ils poussent ne sont pas accessibles partout...Il faut être au bon endroit, au bon moment.

Le créateur hocha silencieusement de la tête, pensif.

- Et vous venez maintenant chercher mon aide pour tirer ce levier que vous avez trouvé...C'est cela ?

- Seul le temps parlera quant à l'utilité de ce...Dispositif. Mais il doit remplir certains critères...Critères que seul un artisan de votre qualité saurait mettre au jour.

- Très bien, dit Artakha. Nommez vos termes. Mais d'abord, son doigt montra Colbalt, je vous réclame des explications. Vous allez tout m'expliquer en détails.

Les yeux de Shrecki brillaient de malice.

- Il semble que nous soyons arrivés à un accord.


Dernière édition par Shrecki le Lun 31 Aoû - 15:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Lun 31 Aoû - 15:39

La porte se referma, laissant sortir le personnage en noir et ses gardes. Quelques minutes de silence s'installèrent, pendant lesquelles Artakha entreprit de ranger ses outils. Une fois qu'il eût remis dans un tiroir de son cabinet son matériel, il se retourna, et toujours occupé à ranger les derniers retardataires du désordre, il commença :

- Shrecki. C'était...

- Vous semblez vous aussi connaître ce personnage. Connaissant sa renommée, il n'y a rien d'étonnant à cela. Oui. Il s'agissait bien du meneur de l'Ordre Noir, dit Shrecki d'un ton neutre.

Le créateur resta silencieux, posant sur son établi une petite pince et un fer à souder portatif. Ses yeux fixèrent un moment les échardes de protodermis étalées sur la table – restes du travail qu'il avait fourni pendant les dernières heures. Il posa de nouveau son regard sur Shrecki. Il était sans âge, et ses yeux étaient emplis d'une sagesse qui ressortait comme des ondes à la surface d'un lac. Seul l'aspect extérieur était visible, mais un simple coup d’œil, et l'on devinait une profondeur de pensée, une acuité de perception immense. En bien des aspects, il était supérieur au Makuta.


- Vous tissez une toile complexe avec des forces qui vous dépassent...

- Ceci est nécessaire. Une guerre frontale ne parviendra pas à vaincre le Maître...Mais ces dispositifs...Pourraient équilibrer les batailles pour un temps. Cela est vrai...Solok, Raidark, Rehad...Laissés seuls face au Protectorat, ils n'ont que peu de chances d'en réchapper. Ceci est un test – non un sacrifice, un pari. C'est une observation, un enjeu, une mise, un coup de poker. C'est un lancer de dés fait contre le Maître et le destin qui les attend, c'est un jeu de pile ou face sur lequel repose leur avenir. Ils ont tenu le premier assaut. Mais le Protectorat est une mer impétueuse et féroce. Ils ont arrêté la première vague, et supporté le courant sans être emportés ni noyés. Il y a encore bien des choses que recèle cet océan noir et mort. Tiendront-ils les prochains tourbillons, les tempêtes et ouragans qui vont être levés contre eux ? Comprenez bien Artakha.
J'apporte mon aide là où elle est nécessaire. Mais quelle aide fournis-je ? Je ne peux pas les sauver sans leur apprendre à survivre. Quelle utilité à relever un frère tombé quand ce dernier ne sait plus comment marcher ? Ils ont été prévenus, prévenus à de multiples reprises.
Qu'ils voient, voient de leurs propres yeux les aberrations du Traître, qu'ils comprennent enfin mes avertissements. Beaucoup seront brisés dans le processus – c'est ainsi que s'opère toute sélection. Mais ceux restants sauront marcher, oui, ils sauront courir, ils sauront sauter, ils sauront voler enfin de leurs propres ailes.

Vous avez entendu l'histoire que je vous ai contée Artakha. Lorsque le Maître était revenu, je vous avais prévenu. Prévenu que, ayant déjà été victime de ses dominations mentales une fois, trouver un territoire hors de l'Univers Matoran – hors de sa portée au possible – serait votre sauvegarde. Vous m'avez écouté, et aujourd'hui vous m'avez aidé, et avez ainsi aidé à la sauvegarde possible de ce monde. En guise de bonne volonté, je vous ai même rendu votre serviteur, intact, ajouta Shrecki en montrant Colbalt endormi sur le sofa. Ceci complète notre contrat.

Artakha était toujours détendu. Il n'avait pas peur de Shrecki – et ceci le différenciait de la majeure partie des acteurs présents dans la guerre actuelle. Peut être même comprenait-il quelque part les motivations du Makuta – ou du moins celles qui lui avaient été exposées.


- Mon essence est la création. Lorsque ceux de votre espèce, Teridax en tête, ont trahi notre univers et jeté le chaos dans tous les recoins du monde, je pensais que tous les Makuta étaient voués à la voie de la destruction...

Les iris gris et immortels d'Artakha se fixèrent dans ceux d'or poussiéreux et sans saveur de son interlocuteur. L'intensité fit penser à Shrecki que le créateur était cette fois-ci complètement honnête. La suite des paroles était on ne peut plus prévisible. S'il avait possédé un cœur, peut être le Makuta casqué aurait-il été flatté. Il travaillait à la sauvegarde du monde aujourd'hui. Ceci seul avait suffit à lui obtenir une – relative – confiance de la part d'Artakha. Le créateur tendit son poing fermé devant lui.

- Pour Mata Nui, murmura-t-il.

Une vieille coutume de l'Univers Matoran, il était d'usage pour deux personnes en signe d'amitié de cogner leur poing l'un contre l'autre. Shrecki observa ce poing, comme une main tendue. Il leva à son tour son propre poing, lentement – comme réticent. Sa main était gantée de noir, là où le poing d'Artakha était à nu, honnête. Il amena son poing au niveau du créateur.

À cet instant, Artakha tomba au sol. Shrecki mit une seconde à comprendre ce qui s'était passé. Artakha était au sol. Le Makuta s'agenouilla promptement. Ses yeux ne pouvaient voir précisément ce qui se produisait à une échelle physique. Abandonnant sa vision, il ferma ses yeux, pour se reposer sur ses autres sens ; son unique perception des énergies environnantes, telles des flammes.
« L'âme » d'Artakha convulsait, comme assaillie. Au milieu des langues énergétiques propre aux âmes puissantes se mêlaient des tentacules noirs, qui s'accrochaient au foyer telles des sangsues. Il avait déjà vu cela. Tous les éléments s'assemblaient dans l'esprit de Shrecki.

Le Protectorat assiégeait – selon Zéro et comme lui-même l'avait prédit – Roxtus. Une question était restée en suspens : pourquoi durait-il aussi longtemps ? Le Maître avait aisément moyen d'écraser cette cité dans le creux de sa main s'il le désirait. La réponse était devant les yeux de Shrecki. Le Maître ne voulait pas directement Roxtus. Il traquait ses anciens serviteurs. Il voulait dresser plus de Séides.

Artakha était en train de redevenir un Séide, sous les yeux du Makuta.
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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Sam 5 Sep - 2:10

Artakha convulsait au sol, poussant à présent des hurlements de douleur. Son dos se tordit dans un angle qui n'avait rien de naturel alors qu'il laissait échapper un nouveau râle de souffrance. L'amplificateur. L'amplificateur était sans doute la seule chance de Shrecki. Il avait été laissé sur l'établi, juste derrière eux. Le Makuta se releva prestement – malgré le lourd blindage qu'était son armure. Avec les cris du créateur, les gardes ne tarderaient pas à débarquer. Bien qu'ils ne représentent nullement une menace pour le meneur de la Confrérie, leur simple présence allait sans doute le ralentir, et à terme l'empêcher de sauver Artakha. Son esprit de stratège représentait mentalement les conséquences. Si Artakha redevenait un Séide, alors le Maître ne l'avait probablement jamais libéré de son emprise mentale – ou seulement partiellement du reste.

Alors que Shrecki se pressait, empoignant l'amplificateur psionique, Artakha dit quelque chose.
Obligé dans les derniers mois de se reposer uniquement sur son sixième sens – la vue des énergies, Shrecki avait également dû compter beaucoup sur son sens de l'ouïe, si bien que son oreille n'eut aucun mal à discerner les mots du Créateur. Son esprit, bien qu'affûté comme une lame de rasoir, ne comprit pas immédiatement.
« Source...Surface... ».
Artakha avait donc toujours le contrôle de ses pensées, pour pouvoir parler de la sorte. Il luttait toujours. Shrecki resta silencieux un long moment. Etait-il possible que la domination mentale insufflée pour contrôler un Séide soit plus élevée que celle qui avait été nécessaire pour – par exemple – dominer mentalement Raidark ? Ceci était-il lié à la puissance mentale de la victime ? Le nombre de souvenirs et de convictions à remanier ? Les deux à la fois ? Si oui...Pourrait-il faire comme il avait fait avec Raidark ?

- Cela rapprocherait l'inévitable...murmura Shrecki. Sa phrase solitaire fut interrompue par Artakha, qui avait levé une main – douloureusement, agitée de tremblements et de soubresauts – et la tendit vers le Makuta.

Le monde se courba, se déforma autour de lui. Cela n'était pas une téléportation classique de Makuta, cela n'était pas non plus la téléportation que Shrecki affectionnait, c'était encore une manière différente, la manière d'Artakha lui-même. Un piège ? Non. Il avait encore le contrôle de ses actes – pour quelques instants encore. Aussi, Shrecki laissa la déformation l'envelopper sans lutter. Il était prêt à utiliser ses propres puissances de téléportation s'il s'agissait d'un piège. Alors que l'obscurité et une lumière aveuglante se mêlaient, il entendit à nouveau au milieu de sa douleur son allié torturé dire « Surface...Vaincre...Pitié... ».

Artakha subit probablement un nouvel assaut mental, car la téléportation fluctua grandement. Shrecki lui-même dut se concentrer, craignant que le voyage ne s'interrompe abruptement et ne l'amène là où l'espace et le temps n'ont plus de sens.
Il se rattrapa et retrouva l'équilibre lorsque ses bottes d'acier s'enfoncèrent profondément dans une épaisse couche de neige. Fort de ses millénaires d'expérience, il compensa sa soudaine chute dans la neige en bougeant son corps de façon appropriée. Il était au bord d'un pic enneigé, d'où une chevelure de stalactites descendait. Cela ne faisait pas de doute. Iconox. Artakha l'avait téléporté à Iconox. Au milieu des plaintes du vent et des sifflements du blizzard, Shrecki rajusta son manteau, ramenant sa capuche sur son casque – geste ridicule et purement machinal, car son armure ne craignait pas le froid plus qu'un Makuta ne redoutait la venue de la nuit.

Posé sur sa calotte, les pensées de Shrecki continuaient à prendre des formes et des tournures différentes : les questionnements s'enchaînaient, et pourtant le Makuta, bien que déterminé à agir, ne parvenait pas à déterminer la meilleure marche à suivre. Sa sagesse lui dictait de retourner au plus vite auprès d'Artakha, mais lui soufflait simultanément que c'était par la volonté de ce dernier qu'il était à présent ici. Rebrousser chemin, c'était ignorer les paroles du Créateur, et c'était donc se fermer une porte, c'était reculer plutôt que d'entamer le premier pas vers sa libération.
Il n'y avait plus besoin d'être discret. Son voyage d'aller, il avait opté pour ne revêtir ni masse ni ombre, ni corps ni substance, car nul ne devait connaître sa destination ; mais cette intangibilité n'était plus guère nécessaire, car à présent lui-même ne connaissait pas sa destination.
C'est alors qu'il les saisit; elles avançaient au bas de la montagne, loin en dessous des hurlements glacés du vent, et des tourbillons mortels de flocons, ces formes qui n'étaient pas plus vivantes que la glace qui tentait de geler le Makuta.
Il ne les voyait pas, mais il devinait ces formes noires. Il referma son casque, et ses yeux d'or disparurent à nouveau dans l'obscurité rassurante de son non-visage. Il ne les sentait pas, pourtant il devinait cette puanteur d'acier. Il ne les entendait pas, mais dans ses oreilles résonnaient les cliquetis de leurs armures sinistres, et les pistons surpuissants, les mécanismes s'actionnant. Les engins de mort parcouraient le monde. Il n'y avait pas de doute.

Shrecki étendit sa main gauche. L'air à son contact vibra ; s'en extirpa une lourde faux, qu'il attrapa par le manche. Une chaîne d'acier tomba au sol. Il en ramassa l'extrémité, qu'il eût tôt fait d'attacher à son autre poignet. Oui, c'était clair à présent. Artakha l'avait envoyé à la surface, à Iconox. Les Séides étaient des relais, des relais à la volonté du Maître, il avait pu au moins confirmer cela.
Aussi, pour reprendre le contrôle de Artakha, il fallait un relais proche. Mais un Séide ne se serait pas déplacé, car la position de la cible était incertaine.

- Mais ce ne sont pas les seuls relais du Maître...Il y a également ceux qui gardent les Séides. Ces créatures décrites par Nui...Celles qui rendaient Etreinte invincible.


Il devinait sous son casque, au milieu des essaims Protector, au milieu des circuits, les armures de braise. Le monde vibra, et Shrecki se retrouva soudain juste devant l'armée.


- Les Ravageurs, soupira-t-il. Puis il fit tournoyer sa faux, et se mit en posture de combat. Ne tardons pas. Artakha refroidit...
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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Sam 5 Sep - 17:11

La masse noire progressait depuis plusieurs jours déjà dans le désert. En provenance du Labyrinthe, guidée par la volonté de l'Etreinte, c'était un essaim sans couleurs, une marée dépourvue de saveur qui avançait comme une vague de désespoir et de démence robotique. Sa mission était simple : couper la retraite vers l'Univers Matoran, et y établir un avant-poste, tel était le mouvement stratégique d'Etreinte. L'armée ne s'arrêtait jamais. C'était une marche inlassable, jusqu'à son objectif et ni les éléments, ni les Rahis, ni aucune force n'aurait su stopper cette avancée.
La force n'était pas nombreuse, mais c'était une force de frappe d'élite.
Il y avait ces soldats modifiés, aux griffes affûtées à l'extrême, qui marchaient par soubresauts, comme des sursauts nerveux, leurs têtes tournant dans toutes les directions comme les tics d'une horloge invisible. Ils constituaient la couche extérieure, et c'était une couche bien nombreuse à n'en pas douter, car ils étaient là une centaine de ce modèle que l'on nommait assassin Protector. Mais ils n'étaient pas la menace, non. Comme une étoile autour de laquelle gravitait une ceinture de météores, on trouvait dans le noyau de cette armée, dans l'oeil du cyclone, cinq formes menaçantes. Cinq grandes armures dont le design, les dessins, tout tranchait avec le dessin Protector classique ; c'était une technologie étrangère, assurément, c'était l'oeuvre du Maître, assurément, mais pourtant, ils semblaient être presque...Primitifs. Ces armures n'avaient rien des caractéristiques extrêmement sophistiquées des assassins qui grouillaient autour d'elles, et pourtant elles étaient bien plus menaçantes.

Leurs yeux laissaient échapper des flammèches de malice, des langues brûlantes cruelles qui indiquaient bien l'énergie qui coulait en ces étranges créations. Les cinq portaient des armes différentes : hallebarde, lance, épée, hache et sabre, le groupe semblait ne manquer que d'attaque à distance pour être tout à fait complémentaire. Jusque là, personne ne s'était dressé face à la progression. Et pour cause, personne ne l'avait anticipé. Nul espion n'avait pu en parler, nulle communication n'avait pu livrer l'information. Et pourtant, à cet instant précis apparut, quelques cinquante mètres devant l'armée une forme. Seule.

Les Assassins et les Ravageurs restèrent aussi disciplinés que les troupes Protector l'étaient habituellement : la peur n'habitait pas leur cœur, car de cœur elles n'avaient pas.
Mais leurs pensées étaient la volonté de leur supérieur : ces troupes étaient attachées à Etreinte, le Séide du Labyrinthe.

***

La cible qui venait de se dresser à Iconox n'était pas n'importe quel insecte. C'était une relique d'un passé révolu, une marionnette de premier choix...Mais aussi l'une des marionnettes qui refusait le plus obstinément de se laisser guider, et qui déjà avait rongé la plupart de ses fils.

Shrecki.

Que faisait-il ici ? Comment pouvait-il se dresser, à cet instant précis, contre cette offensive ? Ces questions n'avaient aucune importance aux yeux de Etreinte. Une seule chose avait de l'importance : car le Makuta ne devait être orné d'aucune chaîne, sinon celle qui devait se resserrer autour de son cou, et l'étouffer jusqu'à sa perte. Il ne devait pas être enchaîné et dominé, car même ainsi il demeurait une menace. Il devait être éliminé, et ainsi ce rat de pierre ne serait plus jamais un danger, une inconnue imprévisible dans les plans du Maître.

Il y avait un siège à Roxtus. Mais cet objectif était secondaire ; c'était un combat amusant, distrayant que Etreinte observerait à travers ses esclaves...Mais ultimement futile. Le Protectorat finirait, tôt ou tard, par achever Roxtus, par achever les Skralls. Ce n'était que le premier pas, que la première pièce. Un pion.

Mais voilà que se présentait l'occasion de saisir un pion d'une bien plus grande valeur. La priorité était donc ici...Et cette bataille serait remportée par les Ravageurs.


- Vous paierez votre arrogance, rebut de ténèbres...Vous avez par trop de fois contredit mes prédictions...

Sa main s'illumina. La perte de Shrecki était à portée de main. Mais sur le visage pâle – comme souffrant – du Séide ne rayonnait nulle joie. Il ne portait pas l'expression de la victoire mais celle du deuil.

***

La priorité avait changée. Le pouvoir qui avait été accordé un temps à des insectes venait d'être redistribué ; les Ravageurs saisirent leurs armes, et ces dernières s'enflammèrent, comme si l'enfer venait d'être lâché.











ASSASSIN PROTECTOR
Les Assassins Protector sont des unités robotisés habiles et puissantes redoutables. Amélioration d'un Soldat Protector par un potentiel offensif accru, ce modèle se montre beaucoup plus agressif.

Plus agiles que les robots Protector habituels, leur rôle est simple: tuer l'opposition sur le champ de bataille. Brutaux, efficaces, ce sont les troupes d'élite, et leur présence n'est généralement pas bon signe.






















x 100
Capacités unitaires
ATK : 2500 - DEF : 1400
Rapidité unitaire
40
Quantité présente
100 unités






RAVAGEUR PROTECTOR
Les Ravageurs Protector ont une origine inconnue. Si les Soldats Protector et les Assassins Protector sont de simples robots, les Ravageurs, eux, sont des créatures à part; bien qu'ils soient capables d'agir en groupes, ils travaillent plus efficacement seuls.

Ils portent généralement de grandes lames et armures noires, et certaines rumeurs affirment qu'ils disposent de pouvoirs sur les émotions de ceux qu'ils rencontrent.




Les Ravageurs Protector sont considérés comme la garde d'élite des Séides.








Capacités
ATK : 4540 - DEF : 4580 - PV: 400 - RAP: 50
Techniques
Garde d'honneur
Lien Sombre
Manipulation Sordide
Arme viciée
Caparaçon surnaturel
Nombre présent
5
Citation :
Technique utilisée: Sombre servitude (Etreinte) : Effet  1 (X énergies, 8 PA) : ?
Effet 2: Vous pouvez redistribuer l'effet 1 à d'autres cibles de votre choix lorsque hors combat de la façon que vous le souhaitez. L'ATK ne peut être redistribuée que pour l'ATK et la DEF pour la DEF. Les PVs ne peuvent pas l'être. OU ?

Etreinte redistribue le gain statistique de Nui, Tanika et Trayx aux Ravageurs présents. Les personnages concernés perdent donc 900 ATK et 1800 DEF. Chaque Ravageur gagne 540 ATK et 1080 DEF. (Leurs statistiques plus haut sont déjà à jour).
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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Jeu 8 Oct - 23:49

Derrière son masque, Shrecki restait pensif. Il y avait quelque chose d'étrange chez ces Ravageurs. Ils étaient comme des lambeaux enflammés, qu'il percevait au milieu d'un océan de noirceur, des phares sinistres qui n'avaient qu'une volonté sans doute, le faire sombrer. Ils étaient un total de cinq...Mais aucun d'eux n'avait encore pris l'initiative. S'il ne bougeait pas dès maintenant, il allait perdre un temps précieux. Chaque seconde passée à hésiter, Artakha s'approchait dangereusement du Maître. Il y avait également tous ces robots Protector. Tout cet essaim n'avait sans doute qu'un but, envahir l'Univers pendant que ses meneurs étaient occupés à une autre bataille. Mais pourquoi Etreinte seul bougeait-il ? Il fit tournoyer sa faux, comme pour s'échauffer ; elle passa d'une main à l'autre, avec un « woosh » menaçant. Après quelques secondes ainsi à mimer des mouvements, il se stoppa, se mit en garde, son attention entière vers les troupes Protectorat. L'armée lui faisait face, immobile, comme elle même dans l'attente du coup déclencheur. Un Makuta contre une armée. Le genre de scène que l'on adorait dans les récits. Une bataille improbable.

Ces Ravageurs...Que pouvaient-ils faire ? Quels étaient leurs pouvoirs exacts ? Jusqu'où la flamme qui les habitait pouvait-elle encore s'élever avant de s'éteindre ? Ces questions réclamaient des réponses, sans quoi il n'était pas possible d'agir contre eux. Il en était certain, leurs blindages étaient trop épais pour pouvoir les abattre. Trop épais...Un paramètre pouvait être modifié.

La main gantée du Makuta s'était posée au niveau de son épaule gauche. De ses pieds, tout autour de lui s'élevaient des miasmes étranges, une sorte de brume noire qui pourléchait ses bottes, et avec de voluptueux délices grimpait le long de ses jambes pour se perdre sous son manteau. Etreinte avait auparavant conféré à Tanika, Nui et ce Kraata Skrall un soudain regain de vitalité et de puissance. Ces Ravageurs lui renvoyaient une image très similaire. La brume s'épaississait, un nuage morbide et toxique, tantôt opaque, tantôt translucide. On y distinguait des formes torturées, et des couleurs souffrantes rampaient dans l'ombre des ombres mêmes qui composaient ce monolithe intangible – et les couleurs spectrales qui s'y reflétaient, dans ce miroir sans reflet, étaient d'un vert éthéré, d'un rouge de sang, d'un noir de nuit.

Car Shrecki tout entier avait disparu dans ce linceul de nuit, d'où transparaissait, par soubresauts, un éclair d'énergie. La brume semblait murmurer, car un son qui n'était ni la marche des Protector, ni le rire du vent glacé dans les montagnes semblait sortir de ce nuage. Au milieu des ombres jaillit alors la faux du Makuta ; précédée d'un sifflement, elle s'extirpa de la noirceur comme une main dégénérée ; sur la surface de sa lame ruisselaient les ténèbres. Elle s'abattit sur le Ravageur qui était le plus proche de Shrecki. Avec un craquement soudain – et elle perça le blindage -les ténèbres tout autour se déchaînèrent brusquement.

- La nuit vient, souffla la voix de Shrecki.

Tout autour de lui, la brume explosa, et une noirceur nocturne vint se répandre alors sur le champ de bataille.

Shrecki l'ignorait, mais en ce moment même une autre bataille débutait à Roxtus. Le maître de la Confrérie toutefois n'avait pas les mêmes dispositions que ceux du Dernier Ordre. Avec un crissement terrible, il tira sur sa chaîne ; il ne fallut qu'une seconde pour que sa faux revienne à lui, qu'il rattrapa d'un revers de main. Comme savourant la noirceur qui l'entourait, Shrecki inspecta sans le regarder le tranchant de son arme. Son coup avait-il fait mouche ?


Citation :

Nom: Shrecki
Élément: Ténèbres - Aucun - Aucun - Aucun
Obscurité: 6
Espèce: Makuta
Grade: Souverain
ATK: 4585
DEF: 5800
RAP: 51
PV: 1000/1000
Energie: 700+100(Arme de Pouvoir utilisée) - 106 (Scecciû) - 68 (Antidermis) =  626/700
Inventaire:
Spoiler:
 
PA utilisés:  5 (Antidermis) + 3 (Scecciû)= 8/8

Techniques utilisées:
Spoiler:
 

Actions effectuées:
- Utilisation de Antidermis pour 6 PA (5 PA après la réduction de 15% par l'arme de pouvoir) et 80 énergies (68 énergies après la réduction de 15% par l'arme de pouvoir) afin de faire passer 4 points de RAP et 300 DEF en 160+200 = 360 ATK
Shrecki arrive ainsi à 4585 ATK, 51 RAP et 5800 DEF. Il peut de ce fait toucher les Ravageurs Protector, et lance une attaque normale contre l'un d'eux. Si cette dernière touche, le Ravageur perd 5 points de DEF (2 points de DEF après réduction) ainsi que 100 PV (50 PV après réduction).

- Utilisation ensuite de deux Obscurité II combinées grâce à Scecciû, coûtant ainsi 4 PA (3 PA après réduction) et 72*2 -20 = 124 énergies (106 énergies après réduction) . Pose de 6 obscurités sur le terrain.
Shrecki bénéficie ainsi d'une diversion d'obscurité pendant 3 tours, et ne pourra au prochain tour être pris pour cible que par le Ravageur qu'il a attaqué à ce tour avec son attaque normale.

Bilan:
→ Un Ravageur perd 2 DEF et 50 PV.
→ Ce Ravageur est le seul adversaire qui pourra viser Shrecki au prochain tour.
→ 6 Obscurités présentes.
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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Sam 31 Oct - 17:10

[S'agissant ici d'un combat mené par moi même contre moi même (en tant que joueur) je vais uniquement marquer une fois la description des techniques utilisées, en toute fin du bilan de combat. Le combat lui-même est décrit par le compte rendu, qui a été mis en spoiler pour plus de confort à la lecture, avec les effets décrits de façon sommaire au tour par tour. Les lancés de dés ont été effectués non pas sur le forum, mais sur un dé simple, dont les probabilités étaient équivalentes à celles du dé de rapidité. On considère dans le combat que les assassins sont répartis par bataillons de 8.
Je déconseille de lire le bilan avant de lire le RP, sous peine de vous gâcher des surprises et de ne pas comprendre pleinement les événements.]


La lame n'avait qu'effleurée le Ravageur, mais son inertie était assez grande ; si l'extérieur n'avait été que peu touché, les organes internes avaient, eux, soufferts plus profondément. L'armure de rouille et de fer se remit en posture de garde. Shrecki se serait attendu à une attaque vers lui, mais à la place le Ravageur attaqua un robot proche, qu'il faucha d'un coup aussi expéditif que violent. Sa rapidité d'action était fulgurante. La simple agilité ne serait d'aucun usage dans ce combat.

La brume infecte continuait à s'étendre partout, rampant à la surface de la neige, et la blancheur se trouvait bientôt engloutie sous cette masse noire et informe, cette vomissure abyssale d'entre les étoiles. Faisait-il jour ? Faisait-il nuit ? Le Makuta n'avait guère le loisir de s'occuper d'un tel détail :  quelle que soit la réponse, il ferait bientôt noir, et c'était tout ce qui importait.

Il se fondait dans cette obscurité, s'y complaisait ;  il voyait l'ombre s'étendant comme une mer d'énergie, des lambeaux enflammés de sa propre âme qui tissaient une toile, sa toile, son propre territoire, et bientôt occuperait jusqu'à l'horizon. Les autres troupes ? Non, elles ne le percevaient plus. Il était plongé dans les ombres, là où aucun champ de vision aussi robotique fut-il n'aurait été apte à le percevoir. C'était le propre d'un fantôme, insaisissable ; tout comme la brume, lui même était ainsi depuis qu'il était venu dans ce monde. Une ombre, un nuage qui se matérialisait à sa guise, là où il lui plaisait.

Et il lui plaisait actuellement d'être derrière ce Ravageur. C'était un combat silencieux : mais le Ravageur perçut son mouvement. Shrecki délivra un coup dans le dos, qui érafla le métal avec un crissement. Mais la créature ne fut pas projetée en avant. Elle regagna son équilibre, puis son épée s'enflamma brusquement. Un plasma primordial, voilà ce qu'était devenue la lame, une pointe chauffée au plus haut degré d'énergie...Cela pourrait être dangereux. Cela allait être dangereux. Shrecki ne prit pas le temps de se remettre en garde lorsque l'épée fusa vers lui. Parer ? Non. Il n'avait pas le loisir de mettre la moindre distance entre lui et le Ravageur. Encaisser ? Cela signifiait que son armure en pâtirait.

Dans un ultime réflexe, il leva sa main laissée libre – sa main gauche. Son gant entra en contact avec la langue de braises. En un instant un flot de compréhension emplit l'esprit du Makuta. C'était le chaos, c'était la destruction, c'était la mort, c'étaient les victimes qui nourrissaient ce pouvoir ; cette flamme était une puissance de ruine, et de la ruine elle provenait pour la semer plus encore. Les flammes disparurent de l'épée, que le Makuta stoppa complètement de sa main.

Il lui fallait comprendre pleinement, tester en un sens. Shrecki disparut alors que les ténèbres continuaient à s'épaissir. Sa faux s'extirpa avec non moins de violence du Ravageur, pour rejoindre la main de son maître. Le Ravageur avait fauché un robot du Protectorat. Si la ruine le nourrissait, pouvait-elle également nourrir Shrecki ? Cette pensée en tête, il s'était approché des détachements Protector. Ses nuages d'ombres occultaient le ciel, occultaient la terre, occultaient le monde, mais ce n'était guère là qu'un début de brume. Le métal qui composait la faux du Makuta avait toujours d'étranges reflets ; au premier abord on aurait cru à du protodermis, mais un examen plus approfondi révélait des reflets verts à la surface du matériau, comme si une fine couche de liquide s'y déplaçait en permanence. Liquide, gaz, flamme ?

L'assassin Protector sur lequel le dirigeant Makuta jeta son dévolu ne montra aucun signe d'hostilité ou de réaction lorsqu'il s'approcha de lui ; il ne l'avait pas senti arriver, dans le nuage de nuit. Il ne montra pas plus de réaction lorsque la faux du Makuta le traversa au niveau de son réacteur principal, au niveau du torse. Sa source d'énergie principale touchée, des étincelles jaillirent de son corps en crépitant, canalisées par la faux de Shrecki ; et en un éclair énergétique, trois autres de ses frères le rejoignirent, explosant en une déflagration de circuits et pièces détachées, baignées dans un océan de braises – bientôt soufflées par le vent.

Alors les assassins prirent conscience de la présence du personnage, et tournèrent sa pleine attention vers lui. Mais aucun d'eux ne tenta d'attaque ; sage décision, car ils n'auraient fait que briser leurs crocs, à vouloir mordre ce qui est plus solide qu'eux. Mais une énergie revint à Shrecki : pour chaque robot qu'il venait d'abattre, il sentait au fond de lui une chaleur supplémentaire, un potentiel neuf qu'il pourrait tout entier tourner vers la destruction – et la destruction uniquement.

L'Autre, comme dans un concours de massacre, à son tour abattit un autre assassin – concept ô combien ironique. Un assassin, terrassé par les ravages même de son propre ordre. Sûrement, cela montrait la logique du Protectorat. Sans consistance, sans conscience, sans âme, une vengeance entière contre la nature même du monde, des créatures sans essence qui pourtant pouvaient égaler les meilleurs guerriers et les plus fins stratèges par leur efficacité sans faille, leur sauvagerie contrôlée, leur sens aigu du carnage.

Dans l'obscurité, Shrecki se nourrissait du noir. La simple présence des ténèbres est un symbole Makuta, mais cela aussi parce que les ténèbres les renforcent, et en retour eux mêmes renforcent l'ombre. Un Makuta bénéficie autant de l'ombre que l'ombre du Makuta. Et dans cette symbiose métaphysique, Shrecki se complaisait. De façon étrange, il se serait aussi bien plu dans la lumière que dans les ombres ; ce n'étaient guère que les circonstances qui lui faisaient aujourd'hui utiliser les ténèbres plutôt qu'une autre énergie après tout. Mais l'efficacité des ténèbres – et leur nature même, insaisissables, universelles...C'était quelque chose qui, il ne pouvait le nier, disposait d'un charme certain.

Dans sa noirceur donc, inconnu au Ravageur, qui l'avait perdu de vue, Shrecki à nouveau se modifiait. Être rapide n'était plus d'aucun usage, car le Ravageur semblait être bien trop aux aguets pour qu'il puisse le surclasser dans l'agilité. Ce paramètre devenu obsolète, il ne fallait donc que invalider son potentiel offensif.
À nouveau, Shrecki se trouva entouré d'éclairs ponctuels, alors que par sa volonté il contorsionnait son essence, se forçant dans un nouveau moule, une nouvelle dynamique.

Cela ne dura que quelques secondes ; une répartition interne de masse différente, pour affecter notamment la densité de ses blindages. Et enfin, à nouveau prêt au combat, une nouvelle fois il s'élança contre le Ravageur.

Ce n'était pas un duel équitable : c'était une partie qui était déjà décidée, elle avait été décidée sur cette transformation fatidique. Le Ravageur tenta une attaque, mais cette fois si la faux de Shrecki s'interposa, détournant le coup. Le Makuta avait levé son gant libre, et les ombres autour de lui – qui continuellement obscurcissaient le champ de bataille – se regroupèrent. Une demi seconde à peine, le monde entier retrouva sa lumière, si ce n'était en cinq points : des lances noires, plus noires que l'âme même du membre de la Confrérie. Cinq pics, dont les contours étaient imprécis ; tantôt ils semblaient obtus, tantôt droits. La position même était incertaine, sans cesse modifiée par l'éclairage – ou peut être était-ce là le mouvement même des pics ?

Shrecki abaissa son gant, comme pour signaler un départ, et les cinq lances empalèrent comme autant de pieux le Ravageur, à une fulgurance qui dépassait l'acuité visuelle.


Le caparaçon du Protectorat resta immobile ; droit comme un i, tenant résolument sa lame en main, il s'était à présent complètement figé. Lorsque les éclairs d'abysse le traversèrent de part en part, il ne broncha pas, chevalier fidèle au Maître, doté d'une détermination que seule la perte du libre arbitre pouvait conférer.

Alors il se passa à nouveau quelque chose que seule la logique Protectorat pouvait concevoir ; comme le Ravageur avait abattu les assassins pour se renforcer, le Ravageur crucifié fut à son tour sacrifié...Terrassé, abattu par un autre Ravageur, qui en retour deviendrait à n'en pas douter plus fort. Cela n'était fondamentalement pas surprenant...Mais la spontanéité de l'action, elle, avait de quoi surprendre.

Calme à l'extrême, Shrecki ne se fit pas prier ; il trancha le Ravageur, sa faux ouvrant une brèche dans sa cuirasse. Le Ravageur, en réponse, allongea un coup. Mais il tentait des attaques contre un adversaire trop résistant. Sa lame se heurtait contre le manteau de Shrecki, d'une étrange élasticité, et rebondissait contre le protoacier en dessous. À plusieurs reprises, la lame aurait dû s'ébrécher. Mais tel un démon de guerre impassible, le Ravageur ne semblait guère se soucier du tranchant de sa lame ; eût-il frappé de ses seuls points, il aurait représenté la même menace. C'était un adversaire féroce, mais qui semblait ne réagir qu'en séquences.

À chaque coup que le Ravageur allongeait, Shrecki ne parait plus, car il ne redoutait guère cette lame ; sa faux, elle, continuellement ouvrait des traces dans l'armure de son adversaire. Les ombres étaient à présent d'une telle épaisseur qu'on ne voyait pas même le sol à ses pieds. Au milieu du noir, les yeux du Ravageur étaient deux phares embrasés. Il tenta un nouveau coup, et cette fois Shrecki le détourna de sa faux puis leva son gant. Autour de lui, les ombres semblèrent se regrouper.
À nouveau, plusieurs lames noires se formèrent, et jaillissant de tous les angles, eurent raison de lui.

Et à nouveau, l'un de ses confrères eut le luxe de l'achever, pour porter à nouveau l'offensive contre le Makuta. C'était une danse qui semblait à présent n'avoir qu'une seule logique. Etait-ce donc ça ? Etait-ce cela qui avait causé tant de dommages à Nui et Solok ? C'étaient ces pantins faibles qui avaient arraché à Nui sa raison, dénaturé sa perspective ?

Ce n'est que lorsque les deux derniers Ravageurs s'éveillèrent que Shrecki comprit. Canalisant leurs flammes internes, ils redoublèrent d'assauts contre lui. Contre son armure cela était inutile, cette tempête de coups ne l'affectait guère ; mais c'était assurément quelque chose qui aurait été très dangereux à Solok et Nui. Cet enchaînement martial était tel qu'aucun être élémentaire n'aurait pu le supporter bien longtemps. Les coups venaient de tous les angles, et à chaque seconde les Ravageurs semblaient gagner en assurance et en dextérité. Mais il y avait autre chose. Quelque chose qui avait jusque là échappé à la vigilance de Shrecki.
Alors que l'avant dernier Ravageur tombait, découpé par sa propre ombre, le dirigeant de la Confrérie sentit quelque chose au sein de son esprit.

Une marque, une empreinte, un poids, une présence. Il sentit soudainement une autre volonté, un esprit second qui aspirait son être et qui tentait de le faire sien. Lorsque l'ultime survivant des Ravageurs tenta de le frapper, Shrecki ne lui accordait pas plus d'importance qu'à un insecte. Évitant son coup, il sortit alors son communicateur, où était greffé son amplificateur psionique. Il alluma l'appareil puis l'une des lanières de son casque glissa, laissant à nouveau ses yeux goûter à la lumière du jour – noyée dans l'obscurité.

[*]
C'était un décor noir. Une nuit sans relief, où nulle étoile n'était visible. Il n'y avait plus même de sol. Comme au fond d'un abîme, rien ne semblait être visible, et pourtant ce « rien » se portait jusqu'à l'horizon comme s'il avait toujours été présent.


*Vous voici enfin entre mes serres...*

Ce n'était pas la voix de Etreinte. Cette voix était emplie d'arrogance. Ce n'était pas la souffrance perpétuelle du Séide, c'était la jubilation d'un autre individu. Cette voix emplie d'une majesté incompréhensible, où régnait une arrogance suprêmement souveraine...Le Maître. Le Ravageur se porta vers Shrecki, mais le Makuta leva simplement sa main, et le Ravageur fut découpé, démantelé, désossé tout entier par les ténèbres environnantes. Les toiles du futur étaient mortes dans cet endroit : il n'y demeurait là qu'une pile de cadavres, de carcasses figées. Sur les cadavres de ces ravageurs et assassins, Shrecki se tenait, ultime meurtrier de cette armée sans âme ni conscience...
Et son esprit pourtant était vrillé. Il était torturé, enchaîné, mutilé par cette nouvelle présence.


- C'est donc cela...Qui a eu raison de Nui...De Tanika...De Raidark ?

Dans son esprit, la voix ricana.

*Non...Eux étaient soumis à Etreinte. Vous Shrecki, ainsi qu'Artakha, serez enchaîné à ma propre volonté. Vous marcherez en Séide, et serez l'extension directe de mon commandement. L'un de mes hérauts, privé d'identité et d'espèce, privé de futur et de passé...Je vous nommerai Inconnu, et votre anonymat fera tomber des nations, muni d'une arme dépourvue de forme ou de nom.


Shrecki sentit une nouvelle vague psychique l'assaillir, et sa vision elle même se vrilla ; brusquement les ténèbres autour de lui se superposèrent à une nouvelle lumière. Le Makuta tenait toujours dans sa main son communicateur – comme hésitant. Tout se retraçait dans sa tête. Ils étaient des pantins. Y avait-il le moindre espoir de vaincre ? Solok, Raidark et Rehad pourraient ils tenir le siège sans lui ? Contre Nui ? Contre Tanika ? Si l'on ajoutait dans la balance un Rahkshi de désintégration, et les troupes sans fin du Maître ?

- Vous savez...J'avais bon espoir que Artakha devienne un allié...Vous m'avez...Coupé l'herbe sous le pied...À mon tour Traître.

Et il activa alors son amplificateur psionique. Son esprit se replia sur lui-même. Il se sentit alors projeté dans sa propre conscience, son identité se superposa, se contempla, se jugea.

***

Le groupe s'était immobilisé sur une grande plate forme. Ikinat, Gladius, Volok, Phantrakk en faisaient parti. Tous étaient à présent morts. Avec eux, Tuma, Nui, Tanika, Shrecki et même trois autres, dont deux qui avaient été précédemment tués : Lebog et the Ice Master, et un Rohrak d'une autre dimension.
Ils étaient arrivé au bout de leur recherche : ils avaient retrouvé Ikinat et Tuma. Mais à présent le groupe était dans une grotte naturelle, sur une plate-forme qui surplombait une piscine de lave. Au-dessus, le plafond – bien plus haut – était constellé de diamants qui reflétaient le rougeoyant magma.
Le maître de l'arène était assis sur un trône, taillé à même le mur. Un trône sur lequel il semblait avoir toute sa place, cet ange de l'enfer. C'était un Makuta, cela oui, de grandes ailes de chauve-souris à n'en point douter. Il avait le visage privé de chair, et d'une pâleur mortelle, que seuls ceux qui sont morts possèdent. Ses yeux, dépourvus de pupille comme de paupière, étaient deux brasiers où flottaient parfois des ombres. Après une courte discussion et un sinistre accueil à ses hôtes, enfin, le Sorcier commença par jauger leurs esprits. Ce n'était pas un jeu que Shrecki était prêt à jouer. S'il s'était déplacé jusqu'ici, il avait forcément une motivation. L'heure de ce monde n'était pas encore arrivée. L'horloge n'avait pas encore achevée son décompte. Alors que pouvait-il bien désirer ? Lebog et The Ice Master ? Il plongea alors une illusion commune, étendant son esprit en une étreinte subtile sur tous ceux présents. Non, il n'y avait pas le temps pour ces petits jeux.

- Ne vous laissez pas abuser par ses yeux ! Hurla Shrecki.

Ceci suffit à briser l'illusion ; et l'emprise du Sorcier se rétracta dans son propre être. Mais il était la Mort, il était un Makuta mais aussi bien plus. Shrecki sentit sa Lame le trancher sévèrement au niveau du bras. Alors Tericarax parla de la langue du Décès : « Bon retour » dit-il.
Et là-dessus l'âme de Shrecki s'embrasa. Elle s'embrasa, mais c'était une sorcellerie, c'était un subterfuge, c'était une tromperie pour que dans son inconscient même, le Sorcier pénètre.


- Il reviendra bientôt, pèlerin. Il viendra, et prendra dans ce monde bien des choses. Éloignez de lui ses anciennes possessions ou elles reviendront à lui plus fortement qu'auparavant – impossibles alors à délivrer. Ne vous accordez pas de répit. À votre esprit, je confère cette lame : à votre âme je confère cette perception. À votre vue je confère le futur, mais celui de tout ce qui peut être. Repliez vous sur vous même. Trompez votre propre identité. Changez de masque, changez de nom, mais ne changez pas de but. Vous êtes un pèlerin, et si vous veniez à changer de but alors votre voyage prendrait fin. Vous êtes un pèlerin, et votre voyage ne peut prendre fin. Ainsi est votre affect. Marchez sur les routes de ce monde et de l'au-delà. Contemplez la beauté de la vie, et la grâce de la mort, contemplez les couleurs et voyez la noirceur, sentez le vent, écoutez la mer. Voyez les âmes, comprenez qu'elles viennent toutes à s'éteindre. Sentez les flammes, et dénichez en les subtilités. Marchez sur un monde d'ossements, et voyez comme le ciel bat d'une pulsation étrange. Regardez les étoiles qui se déversent – sanguinolentes – sur les muscles de l'espace. Au milieu du vide vous êtes à votre place, Shrecki. À vous, je demande. Que signifie être quelqu'un ?


***

Shrecki resta silencieux. Le Protectorat était la solution. Le Protectorat était la réponse. Oui, pour Shrecki cela était la réponse sans doute. Il était la force qui pouvait conserver ce monde. Avait-il eu raison de lutter jusque là ?

*Levez vous, Anonyme. Vous servirez le Maître, et le Protectorat vous rendra splendeur.*

L'amplificateur éclata dans les mains du Makuta. Alors, il leva son gant. Autour de lui, les ténèbres se réunirent. Une seconde fois, Shrecki parla. Tenter de parler dans le chaos qu'était devenu son esprit n'était pas faisable ; une multitude d'opinions et de volontés formaient une mer où sa voix, ses paroles, lui servaient comme d'une ancre, un rocher où il s'accrochait pour lutter contre les vagues qui voulaient l'avaler.

- Savez vous ce que signifie n'être personne Maître ?

Il fit tourner son gant. Une dizaine de lances apparurent

- Cela ne signifie pas de n'avoir aucun passé ni aucun futur...

Les ombres tremblèrent, alors que son esprit était marqué d'une nouvelle cicatrice. Le Maître comprenait que le Makuta lui résistait à nouveau, malgré son acceptation du Protectorat. Il était patient, redoublant ses efforts pour détruire tout espoir de s'échapper. Sa proie ne pourrait bientôt plus lutter.

- Cela signifie d'en avoir plusieurs.

Les lances fusèrent et transpercèrent Shrecki. Le Protectorat était sa solution. Oui, le Protectorat était sans doute une réponse. Servir le Protectorat pouvait avoir des avantages. Il ne restait alors qu'une chose à faire. Dans une dernière note mêlée de jubilation et de déception pourtant, la voix du Maître résonna une ultime fois. Elle était dure, car le Maître reconnaissait là la perte d'un pion de valeur, et en cela c'était un échec - bien que cela signifie aussi la disparition d'un adversaire coriace.

*Adieu alors, insecte.*

Le Protectorat était la solution de Shrecki. Il ne restait alors qu'une chose à faire. Il tomba à genoux. Les pieux étaient profondément enfoncés partout dans son armure. Dans un futur, il les ôtait un à un, se relevant pour servir le Maître. C'était une idée qui était séduisante...Sa volonté se referma sur son esprit comme les mâchoires d'un loup. Il claqua des doigts. Les pieux s'enflammèrent comme l'avaient fait auparavant les lames Protector. Le Protectorat était la réponse de Shrecki...
Il ramena à lui sa faux, et dans un ultime mouvement, l'enfonça dans son thorax embrasé puis y canalisa tout son pouvoir...
Il n'y avait alors qu'une chose à faire...

Tuer Shrecki.



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MessageSujet: Re: [Montagnes Quartziques] Le Fantôme   Lun 22 Fév - 0:46

Toujours...là.

Il était...toujours là...mais comment ?

Après avoir suivit la course du Soleil jusqu'à ce qu'il soit haut dans le ciel, après avoir écouté le vent souffler en toute monotonie un temps qui lui parut infini il dut se rendre à l'évidence, il était toujours en vie.

Mais comment ?

Son corps lui semblait engourdit mais c'était plus un souvenir qu'un état de fait, déjà il sentait qu'il retrouvait, en partie du moins, le contrôle de ses membres. Assurément il était toujours en vie.

Mais comment ?

Quand il put à nouveau bouger son cou sans avoir l'impression qu'il arrêtait une charge de Kikanalo avec il se rendit compte qu'il n'était certainement plus à Tesara. Les montagnes aux courbes douces et le froid ambiant l'informèrent qu'il devait plutôt se trouver quelque part dans le massif du quartz blanc.

Comment était-il arrivé là ?
 
Sans qu'il ne s'en rende compte sa main gauche s'était posée sur la lame qui dépassait de son plastron. Sa propre épée, qu'il avait retourné contre lui pour en finir avec Shrecki. La sensation de tout ce pouvoir s'écoulant à travers elle était encore vivace, en aucune façon son Antidermis aurait pu survivre à une telle concentration d'énergie. Pourtant il était toujours en vie, quelque chose avait du échouer mais quoi ?
Lentement il commença à retirer ce morceau de métal long d'un bio et demi de son armure, comparé à ce qu'il avait pu subir par le passé ceci pouvait à peine être considéré comme une blessure.  

Si il avait échoué alors la menace de Shrecki demeurait, la Destinée du monde restait inchangé. Il lui faudrait recommencer alors mais pas avant d'avoir compris pourquoi cela avait échouer la première fois.

La brèche est étroite mais elle n'en reste pas mins une brèche, avant que son essence puisse s'échapper par celle-ci il la colmate avec une membrane d'ombre, manipuler ainsi son élément est devenu quasi-instinctif à présent.

Un choix devait être fait et un choix fut fait. Le choix du non-choix, le seul vrai choix dit-on, celui de la mort. Mais il était toujours là, toujours en vie et cela le troublait au plus haut point. Quelle farce cruelle lui jouait-on là ? Ce choix inévitable ne tolérait donc que les deux chemins qu'il propose ? Tout autre voies seraient rendues vaines et tout tentative de s'y soustraire raillées ? Était-ce là la leçon qu'on voulait lui inculquer ? Qu'il n'y avait pas de véritable choix et seulement la destruction au bout du chemin ?

Il planta sa lame dans le sol neigeux et l'utilisa comme d'appui pour remettre en branle ses jambes toujours grippées. Encore quelques instants et il serrait capable de se mouvoir correctement. Il remarqua alors qu'une portion du sol, qui jusque là s'était trouver dans son dos, était différente des autres. La neige était absente et la roche ainsi à nue était déformé et noircit comme si quelque chose l'avait fait fondre.  
Ce n'était pas qu'une portion cependant mais bien une trainée entière. Prenant sa source là où le Makuta se tenait elle s'élargissait et se creusait à mesure qu'elle s'en éloignait jusqu'à devenir une tranchée, tranchée qui finit sa course contre la montagne, pour devenir un trou puis un tunnel improvisé.

Nui compris alors ce qu'il s'était passé, il s'était poignardé avec tant d'application que la pointe de sa lame était ressortit de l'autre coté de son torse. Quand vint le moment d'infuser l'énergie cette dernière parcourut l'épée dans toute sa longueur pour s'en échaper à la pointe...qui n'était plus à l'intérieur de son armure, si bien que son essence ne fut endommagée que de façon très localiser par la lame chauffé à blanc.
Cela n'expliquait cependant pas comment il s'était retrouver ici. A moins bien sur...il lui revint en mémoire qu'a cet instant il avait convoquer toutes ses puissances, absolument toute. La téléportation devait donc en faire partie et cela expliquerait comment il s'était retrouver ici mais tout ceci lui semblait toujours...curieux...combiner ainsi des habiletés Kraata...
Tout ses pouvoirs fondu en un seul, était-ce seulement possible ? Était-ce ce qu'il était parvenu à faire ? Toujours est-il que le processus avait épuiser toute ces réserves d'énergie, le plongeant dans la catatonie.

Le Maitre, c'était la voix du Maitre qui l'avait éveiller. Pas seulement un faisceau de certitude ni même celle d'Étreinte mais bien la Sienne, celle qu'il avait déjà entendu dans l'esprit de Shrecki. Était-ce un honneur ou une commodité ? Un triomphe ou un simple constat ?
Ses mots n'était que satisfaction pourtant ils apportèrent plus de troubles au Makuta que si ils avaient été rage et déception. Ainsi Tanika et Trayx serait tombé lors du siège de Roxtus, siège qui lui même avait du tourner au fiasco. Plus inquiétant cela serait le fait d'un inconnu au pouvoir par bien trop similaire à celui du Protectorat.

Tout ce qu'il avait entendu était matière à tout sauf au triomphe mais de tout cela le Maitre n'en avait que cure, tout du moins il ne le montrait point à son serviteur. Une seule chose semblait digne de son attention, de sa "joie", Shrecki était mort.  

Malgré cette affirmation le Makuta ne pouvait s’empêcher de douter, comment le Chef de la Confrérie pouvait avoir été terrasser alors que lui était toujours en vie ? Et cet être apparaissant de nul part pour résoudre une situation en apparence inextricable, cela lui rappelait bien trop les méthodes de Zéro soit Shrecki en l'un de ses nombreux aspects. Mais si le Maitre lui-même lui disait que le Makuta n'était plus quelle raison aurait-il d'en douter ? Si lui-même pouvait être abuser par l'une des ruses de Shrecki cela ne saurait en être de même pour le Grand Être.

Une partie de son esprit affirmait que c'était là impossible, une autre continuait à douter, une dernière à se demander, comment pouvait-il encore être en vie ? Mais cette réponse il l'a connaissait, il était encore en vie car il avait échouer à ce sacrifier, ce d'une façon si tordu qu'il en vint à ce demander si ce n'était son subconscient, désireux de perdurer, qui était intervenu.  

Grande était sa confusion. Il avait fait un Choix...mais les choix ne venaient jamais seul, ils étaient toujours accompagner de conséquences aussi infinitésimale soit-elles. Peut-être...peut-être que choisir de mourir n'impliquait pas comme conséquence sa mort à lui mais celle de Shrecki. Peut-être que si il était toujours là c'était parce que le Maitre l'avait voulu, parce qu'il avait encore un rôle à jouer dans tout ceci.  

Assez. Il chassa ces pensées absconses de sa tête, il lui fallait s'ancrer dans le concret. On l'avait appelé, sa présence était nécessaire, sa destinée loin d'être achevée.

Son épée à la main il s'évanouit dans les airs, parti là où tout avait basculer pour lui. A aucun moment il n'avait remarqué les symboles que de la pointe de sa lame il avait nonchalamment tracé dans la neige.


Citation :
Utilisation Téléportation II. Cout énergie: 70 Énergie restante: 500-70=430
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